L'assurance se défend de laisser dormir son argent

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Le secteur revendique plus de 1000 milliards d'euros investis dans les entreprises.

«Quand on entend certains commentaires des uns et des autres, cela pourrait donner le sentiment que l'argent de l'assurance dort, en attendant qu'on lui trouve comment s'employer!» Bernard Spitz, le président de la Fédération des sociétés d'assurances (FFSA), s'est employé mercredi à défendre l'utilité déjà effective du secteur dans le financement d'économie.

En 2012 en effet, le cap des 1000 milliards d'euros investis dans les entreprises a été franchi, soit 57 % des actifs des assureurs. Sur ce total, 469 milliards sont dirigés vers les entreprises françaises (dont 42 milliards pour les PME et ETI), à 60 % sous forme d'obligations et 40 % en actions.

Un nouveau contrat

La démonstration n'est pas vaine, dans un contexte où certains secteurs et le gouvernement lorgnent clairement les fonds de l'assurance-vie pour financer ce que les banques, pour des raisons réglementaires, ou l'État, faute de moyens, ne peuvent plus aujourd'hui assumer. Crédit aux entreprises, financement d'infrastructures, investissement immobilier... l'argent du secteur n'a jamais été aussi convoité!

Des idées qui ne sont pas dénuées d'intérêt pour des assureurs en mal de rendement au vu de la baisse des taux servis par les emprunts d'État. Reste à créer des cadres juridiques et fiscaux qui permettent des «placements attractifs» pour les assurés. Pas question donc de se faire forcer la main - la législation d'ailleurs «interdit le fléchage des actifs», rappelle Bernard Spitz. En matière de logements intermédiaires - sur lesquels François Hollande a annoncé une baisse de la TVA pour les institutionnels -, la création d'un fonds piloté par la SNI, filiale de la Caisse des dépôts, est en discussion.

La profession souhaiterait surtout disposer d'un nouveau contrat, l'«europerformance» récemment proposé par le rapport Berger-Lefebvre, qui proposerait une garantie en capital sans possibilité de sortie à tout moment. «Ça peut déplacer des sommes considérables», affirme Bernard Spitz. De quoi, en tout cas, redresser la collecte de l'assurance-vie, négative en 2012, même si 2013 a mieux commencé. De quoi aussi investir dans des actifs un peu plus risqués, et donc dans les entreprises.

Le rapport des deux députés PS suscite évidemment moins d'enthousiasme à la FFSA s'agissant d'une éventuelle fiscalité sur les contrats de plus de 500.000 euros qui resteraient investis dans des contrats sans risques (contrats en euros). «La France a besoin d'autre chose que d'inventer une nouvelle usine à gaz», réplique Bernard Spitz.

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