L'Assemblée vote le texte sur l'enseignement supérieur

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LE TEXTE SUR L'ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR VOTÉ À L'ASSEMBLÉE
LE TEXTE SUR L'ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR VOTÉ À L'ASSEMBLÉE

PARIS (Reuters) - Les députés français ont adopté mardi par 289 voix contre 248 le projet de loi sur l'enseignement supérieur et la recherche qui prévoit notamment l'enseignement en anglais dans les universités françaises pour certains cours.

Les groupes PS et des radicaux de gauche ont voté ce texte présenté par la ministre de l'Enseignement supérieur, Geneviève Fioraso, un projet qui, affirme-t-elle, "doit contribuer au nouveau modèle français et à remettre en mouvement notre pays pour se maintenir dans le peloton de tête des grandes nations".

Les groupes Front de gauche, écologiste, UMP et UDI (centriste) ont voté contre.

"La philosophie de ce texte ne nous convient pas du tout. Nous sommes à l'opposé des revendications de ce projet de loi", a dit l'écologiste Isabelle Attard.

Pour l'UMP Patrick Hetzel, "vous nous proposez un terrible voyage dans le passé. Il est marqué par une vision bureaucratique et dépassée".

L'article 2 du texte, qui offre la possibilité, dans le cadre d'accords avec des universités étrangères ou des programmes financés par l'Union européenne, de dispenser des cours en anglais, a suscité de vifs débats.

Plusieurs amendements sur cet article ont été votés qui prévoient la mise en place d'un apprentissage de la langue française au bénéficie des étudiants étrangers concernés et de circonscrire la portée de la mesure aux enseignements nécessitant véritablement d'être dispensés en langue étrangère.

"Il ne s'agit, en aucun cas, de remettre en cause la primauté de l'enseignement en français ou la défense de la francophonie", a dit la ministre en réponse à des élus de l'opposition mais également de certains socialistes.

"Il s'agit au contraire d'élargir le socle de la francophonie auprès des jeunes, notamment des pays émergents, qui, aujourd'hui, ne viennent pas dans notre pays."

Ce texte sur l'enseignement supérieur et la recherche vise à compléter la loi de 2007 sur l'autonomie des universités et a pour objectif d'augmenter les chances de réussite des étudiants.

Il fixe l'objectif de parvenir à 50% de diplômés du supérieur dans chaque classe d'âge, en favorisant notamment la continuité entre le secondaire et le supérieur et le rapprochement entre lycée, classes préparatoires et université.

Plusieurs amendements ont été adoptés, comme celui prévoyant que les lycéens ayant obtenu les meilleurs résultats au bac bénéficieront d'un droit automatique à rejoindre une classe préparatoire aux grandes écoles.

Un autre met fin à la gratuité de la scolarité des élèves des classes préparatoires qui devront donc acquitter un droit fixé à environ 180 euros par année, contre l'avis de l'exécutif.

S'il est soutenu par l'Unef, syndicat étudiant proche du PS, et de façon plus réservée par la Conférence des présidents d'université, le projet de loi dans son ensemble est dénoncé par plusieurs syndicats d'enseignants comme la FSU, la CGT, FO et plusieurs collectifs qui ont appelé à manifester ça et là.

Le Sénat examinera à son tour ce texte à partir du 18 juin.

Le gouvernement ayant décidé d'utiliser la procédure accélérée, une commission mixte paritaire (CMP) Assemblée-Sénat sera ensuite convoquée afin de mettre au point un texte qui sera soumis aux députés et sénateurs pour son adoption définitive avant la fin juin.

Emile Picy, édité par Yves Clarisse

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