L'Assemblée rouvre le débat sur l'avortement

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LE DÉBAT SUR L'AVORTEMENT RELANCÉ
LE DÉBAT SUR L'AVORTEMENT RELANCÉ

PARIS (Reuters) - Le débat sur l'avortement est relancé en France à l'occasion de l'examen du projet de loi pour l'égalité femmes-hommes qui modifie la loi Veil de 1975, au grand dam de l'opposition, dont des députés réclament le déremboursement de l'IVG.

Une "Marche pour la Vie" a rassemblé plusieurs milliers de manifestants anti-avortement dimanche à Paris - 16.000 selon la police, 40.000 selon les organisateurs.

Au coeur de la contestation, un amendement adopté par la commission des Lois de l'Assemblée nationale qui assouplit le droit à l'interruption volontaire de grossesse en supprimant la notion de "situation de détresse".

La loi Veil instaurait le droit à l'IVG pour toute "femme enceinte que son état place en situation de détresse", l'amendement, voté par une partie de l'opposition, introduit "le droit des femmes à choisir ou non de poursuivre une grossesse".

Des députés UMP s'élèvent vivement contre cette évolution, considérant qu'elle "fait de l'IVG un droit comme les autres".

En Espagne, le gouvernement conservateur a décidé de limiter le droit à l'avortement et déposé un projet de loi en ce sens.

Nombre d'élus à droite plaident pour le statu quo, à l'instar du centriste Jean-Louis Borloo, président de l'UDI, ou de l'UMP Bruno Le Maire, qui a dit sur BFM TV et RMC Info ne pas voir "l'intérêt qu'il y a aujourd'hui à rouvrir un débat sur la loi Veil".

L'ancien Premier ministre UMP François Fillon juge sur son blog que le gouvernement commet "une faute morale et politique" en choisissant de réécrire la loi Veil.

La présidente du Front national, Marine Le Pen, a expliqué pour sa part sur France Info qu'elle ne souhaitait pas "aller dans le sens d'une banalisation totale de l'acte".

Des députés UMP ont déposé un amendement visant à dérembourser l'IVG, estimant que si la notion de détresse est supprimée, "les conditions de remboursement de l'acte par la Sécurité sociale ne sont plus remplies".

La ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, a dénoncé "les vents mauvais de la régression" en présentant le texte à l'Assemblée et a souligné que la loi de 1975 "n'était pas à débattre, pas à négocier".

"AUCUN RECUL"

"Nous n'accepterons aucun recul. Nous serons déterminés, intransigeants", a-t-elle lancé. "Toutes les tentatives de remises en cause se heurteront à la poigne de l'Etat de droit".

"Le droit des femmes à disposer de leur corps a été chèrement acquis. Il sera chèrement protégé", a-t-elle poursuivi, qualifiant "d'actualisation bienvenue" la modification apportée par l'amendement.

Le rapporteur du texte, le député socialiste Sébastien Denaja, s'est dit "surpris" d'une polémique "totalement stérile". "Il s'agit simplement d'un toilettage, d'une mise à jour de la loi", a-t-il assuré.

Le texte dont l'examen s'est engagé lundi après-midi à l'Assemblée a été adopté par le Sénat le 18 septembre en première lecture.

Il propose notamment de réformer le congé parental afin d'inciter davantage de pères à choisir cette option, instaure des obligations de parité dans grand nombre de structures.

Il met sous condition la participation des entreprises aux marchés publics en cas de non respect de la parité, et propose plusieurs mesures destinées à réduire la précarité économique de certaines femmes.

Le projet de loi propose de mieux lutter contre les impayés des pensions alimentaires et double les pénalités financières pour les formations politiques qui n'appliquent pas la législation existante sur la parité.

Outre l'amendement controversé sur l'IVG, la commission des Lois en a adopté d'autres comme ceux relatifs aux concours de "mini miss".

Les concours seront interdits pour les moins de 13 ans et les organisateurs de concours pour les enfants de 13 à 16 ans devront obtenir une autorisation préalable.

L'examen de ce projet de loi devrait s'achever vendredi. Le Sénat devrait procéder à une deuxième lecture à la fin février, ou en avril au lendemain des élections municipales.

Emile Picy, édité par Sophie Louet

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  • M9393560 le lundi 20 jan 2014 à 17:39

    Après le mariage homosexuel et la parfaite stérilité du débat qui a tourné autour, Citoyens Français, préparez-vous à la nouvelle soupe des médias pour les six prochains mois : "L'Assemblée rouvre le débat sur l'avortement"