L'Assemblée générale de l'Onu réclame une trêve en Syrie

le , mis à jour à 21:46
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 (Actualisé avec réaction française, § 11-12) 
    par Michelle Nichols 
    NATIONS UNIES, 9 décembre (Reuters) - L'Assemblée générale 
des Nations unies a voté vendredi par 122 voix contre 13 une 
résolution réclamant une trêve immédiate en Syrie, un accès à 
l'aide humanitaire et la fin de tous les sièges, y compris celui 
d'Alep.  
    Trente-six pays se sont abstenus de voter sur ce texte 
d'inspiration canadienne, qui n'a aucune valeur contraignante, 
contrairement aux résolutions adoptées par le Conseil de 
sécurité. Mais le veto russe, exercé à six reprises depuis le 
début du conflit syrien, a paralysé l'action de cet organe 
onusien. 
    "Avec ce vote, il s'agit de se lever et de dire à la Russie 
et (au président syrien Bachar al) Assad de stopper ce carnage", 
a expliqué l'ambassadrice des Etats-Unis à l'Onu, Samantha 
Power, lors du débat précédant la mise aux voix du texte. 
    Au nom de la Russie, qui soutient militairement et 
politiquement Assad, l'ambassadeur Vitali Tchourkine avait 
déclaré dès jeudi face à la presse qu'"attendre que cela 
aboutisse à une sorte de demi-tour spectaculaire dans la 
situation en Syrie est irréaliste". 
    La résolution adoptée par l'Assemblée générale, préparée par 
la délégation canadienne, demande au secrétaire général de faire 
le point dans les 45 jours sur la mise en oeuvre de cet appel à 
une trêve. 
    L'ambassadeur canadien à l'Onu, Marc-André Blanchard, a 
reconnu que l'initiative ne constituait pas une solution au 
conflit, mais qu'elle était une déclaration importante. 
    "C'est le rappel qu'au-dessus de tout le reste, les vies des 
Syriens doivent être notre priorité. Ils sont notre priorité et 
le monde ne restera pas silencieux tandis qu'ils souffrent sans 
assistance", a-t-il dit lors du débat. 
     
    RÉUNION SAMEDI À PARIS DES "AMIS DE L'OPPOSITION SYRIENNE" 
    L'ambassadeur syrien Bachar Jaafari a souligné lui que les 
autorités de son pays menaient une "guerre contre le terrorisme" 
"au nom du monde entier". 
    Il a ajouté que les sanctions imposées à la Syrie avaient 
affecté "en premier lieu" ses compatriotes syriens et "nui à la 
faculté du gouvernement syrien de répondre aux besoins 
quotidiens des citoyens syriens, notamment ceux qui souffrent du 
la guerre terroriste imposée à (son) pays". 
    Tchourkine a lui aussi fustigé les sanctions imposées à la 
Syrie. "Vous asphyxiez lentement cette population dont vous 
prétendez ardemment vous préoccuper", a-t-il dit vendredi. 
    A Paris, où se tient ce samedi une réunion des "pays 
affinitaires" soutenant l'opposition modérée syrienne, le 
ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, a 
estimé qu'il n'était "jamais trop tard pour sauver des vies et 
porter assistance à des populations martyrisées".  
    "Il revient au régime et à ses soutiens, la Russie en 
premier lieu, de répondre sans délais aux exigences exprimées 
par l'Assemblée générale aujourd'hui", poursuit le chef de la 
diplomatie française dans un communiqué.  
    Tandis que se réunissait l'Assemblée générale de l'Onu, 
l'armée syrienne a poursuivi vendredi son offensive sur 
Alep-Est, avec troupes au sol appuyées par l'aviation. 
    Les forces loyalistes ont enregistré des succès foudroyants 
ces derniers jours et ont repris la vieille ville. A tel point 
que la reconquête d'Alep, divisée depuis l'été 2012, paraît 
désormais être une question de jours, ce qui pourrait modifier 
le cours de la guerre civile qui ravage le pays depuis bientôt 
six ans.   
 
 (Jean-Stéphane Brosse et Henri-Pierre André pour le service 
français) 
 
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