L'Assemblée examine le texte sur la prostitution

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EXAMEN DU TEXTE SUR LA PROSTITUTION À L'ASSEMBLÉE
EXAMEN DU TEXTE SUR LA PROSTITUTION À L'ASSEMBLÉE

PARIS (Reuters) - Les députés français ont entamé vendredi l'examen d'une proposition de loi visant à pénaliser les clients des prostituées qui, même si elle fait l'objet de divergences dans la plupart des partis, devrait être adoptée sans problème.

Signe du débat qui divise l'opinion publique, deux manifestations distinctes d'opposants, notamment des prostituées, et de partisans du texte se sont tenues aux abords de l'Assemblée, encadrées par un imposant dispositif policier.

La proposition de loi socialiste, qui reprend un engagement de François Hollande, devrait être solennellement adoptée le 4 décembre. L'UMP devant s'abstenir tandis que les écologistes et les radicaux de gauche entendent majoritairement voter contre. Tous les groupes laissent la liberté de vote à leurs députés.

"Cette proposition de loi s'inscrit dans la continuité des lois de lutte contre la violence faites aux femmes", a déclaré la députée socialiste Maud Olivier devant une vingtaine seulement de députés présents dans l'hémicycle.

Le texte s'inspire des travaux d'une mission d'information parlementaire sur la prostitution présidée par une députée socialiste et dont le rapporteur était un UMP.

Cette mission avait abouti le 6 décembre 2011, sous la précédente législature, au vote à l'unanimité par les députés d'une résolution dénonçant la prostitution.

Le texte examiné vendredi prévoit de sanctionner le recours à une prostituée : une contravention punie d'une amende de 1.500 euros et en cas de récidive, la sanction devient un délit puni d'une amende de 3.750 euros.

ALTERNATIVES

Il prévoit également la suppression du délit de racolage -autre promesse électorale de François Hollande - et une série de mesures visant à améliorer la protection et la réinsertion en faveur des personnes prostituées en leur facilitant l'accès à un titre de séjour, à un soutien financier et à un logement.

"Ce texte offre des alternatives et prépare l'avenir", a estimé Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes, qui a souligné le fait que cette proposition de loi surmontait "tous les clivages politiques".

Mais pour l'écologiste Sergio Coronado, "c'est un texte mensonger, dangereux et inefficace".

"Il ne permet pas de lutter efficacement contre les réseaux mais porte des risques accrus de précarité des personnes prostituées", a-t-il ajouté.

Au nom du groupe des radicaux de gauche, Alain Tourret a lui aussi critiqué ce texte, jugeant "absurde" le fait d'instituer une sanction pénale, "fausse bonne solution" selon lui.

Quand au président du groupe centriste, Jean-Louis Borloo, il a avoué "ne pas savoir quelle est la bonne solution".

Marie-Louise Fort a confirmé l'abstention du groupe UMP et a notamment exprimé ses réserves sur l'abrogation du délit de racolage, une mesure réintroduite en 2003 par la droite.

Dalila, une prostituée argentine qui manifestait aux abords de l'Assemblée, abonde dans le même sens et estime que la loi l'obligerait à entrer dans la clandestinité.

"Je serai obligée d'aller dans un autre pays", a-t-elle dit. "Et c'est ça qui va arriver à tout le monde."

Selon le rapport de Maud Olivier, environ 20.000 personnes se prostituent en France, dont 85% de femmes, le taux d'étrangères étant passé à 90%, la plupart venant de Roumanie, de Bulgarie, du Nigeria et de Chine.

Plusieurs pays pénalisent le recours à la prostitution comme l'Islande, la Norvège et la Suède. D'autres, comme la Grande-Bretagne et la Finlande, pénalisent les clients de prostituées victimes d'exploitation.

Emile Picy, avec Lucien Libert, édité par Yves Clarisse

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  • M2606534 le vendredi 29 nov 2013 à 18:29

    La prostitution, ça fait couler beaucoup d'encre, à défaut de faire couler beaucoup de sperme...

  • kurki le vendredi 29 nov 2013 à 18:16

    A ce train là, pourquoi ne pas taxer les homos ?

  • M6695204 le vendredi 29 nov 2013 à 18:02

    Bruxelles a été préféré à Strasbourg par les députés européens en raison de la liberté de mœurs plus grande en Belgique qu'en France.A Bruxelles il y a toutes les vitrines ou vous pouvez admirer ces personnes très respectables et il n'y a qu'en France qu'ont les traites de noms ordurier.M3890093 vous dites le reste.Mais comme derrière il y la Taubira donc plus de problèmes avec les violeurs!

  • GuyAOC le vendredi 29 nov 2013 à 17:01

    François Hollandouille aura des comptes à rendre aux français après le vote de cette loi ... il utilise l'Élysée pour rencontrer un pu.. qui n'est ni sa femme , ni pacsée avec le mou !!! et avec l'argent du contribuable !

  • Urfee le vendredi 29 nov 2013 à 16:32

    Put... Najat ... qu'est-ce qu'elle est bo....... !