L'Assemblée du peuple se réunit en Egypte

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RÉUNION DE L'ASSEMBLÉE DU PEUPLE EN ÉGYPTE
RÉUNION DE L'ASSEMBLÉE DU PEUPLE EN ÉGYPTE

par Dina Zayed et Yasmine Saleh

LE CAIRE (Reuters) - L'Assemblée du peuple, la chambre basse du parlement égyptien dissoute le mois dernier par l'armée sur décision de justice, s'est réunie mardi matin, laissant présager un regain de tension entre le Conseil suprême des forces armées (CSFA) et le nouveau président élu Mohamed Morsi.

Quelques minutes avant l'ouverture de la session parlementaire, les Etats-Unis ont exhorté les acteurs politiques égyptiens à dialoguer pour préserver la transition politique dans le pays.

Le pouvoir et l'armée sont engagés dans un bras de fer en Egypte depuis la décision, dimanche, par décret, du président Mohamed Morsi de rétablir la chambre basse dissoute sur décision de la Haute cour constitutionnelle et sur ordre du Conseil suprême des forces armées (CSFA) qui a dirigé la transition depuis la chute d'Hosni Moubarak en février 2011.

La décision de l'armée, prise le 16 juin pendant le second tour de l'élection présidentielle, avait été interprétée comme le signe d'une tentative des militaires de préserver leurs prérogatives.

"Je vous invite à vous réunir conformément au décret publié par le président", a déclaré le président de l'Assemblée du peuple Saad al Katatni, issu comme le nouveau chef de l'Etat des rangs des Frères musulmans. "Je voudrais vous confirmer que le décret présidentiel ne viole pas la décision de justice."

La Haute Cour constitutionnelle, réunie d'urgence lundi, a déclaré qu'elle n'était pas habilitée à revenir sur le décret du chef de l'Etat mais a fait savoir qu'elle examinerait les recours contestant la constitutionnalité de la décision présidentielle.

Mardi, l'armée n'a pris aucune mesure pour empêcher les députés d'entrer dans l'hémicycle.

MAINMISE

La décision de Mohamed Morsi de rétablir l'Assemblée du peuple a suscité des tensions entre les Frères musulmans, grands vainqueurs des élections de l'ère post-Moubarak et les autres formations politiques, notamment les libéraux, qui dénoncent la mainmise des islamistes sur le pouvoir.

"Nous respectons toujours le pouvoir judiciaire et nous confirmons que ce dont nous allons parler aujourd'hui n'est que le mécanisme d'application des décisions de justice", a déclaré Katatni.

En visite à Hanoï, dans le cadre de sa tournée en Asie, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a appelé au dialogue en Egypte.

"Nous appelons fermement au dialogue et à un effort concerté de la part de tous pour s'attaquer à des problèmes qui sont compréhensibles mais doivent être résolus afin d'éviter tout obstacle susceptible de faire dérailler la transition en cours", a-t-elle dit lors d'une conférence de presse.

"Les Egyptiens devraient obtenir ce pour quoi ils se sont battus et ceux pour qui ils voté, à savoir un gouvernement élu", a-t-elle ajouté.

Marine Pennetier pour le service français

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