L'Assemblée condamne le placement des "Réunionnais de la Creuse"

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L'ASSEMBLÉE CONDAMNE LE PLACEMENT PAR L?ÉTAT D?ENFANTS RÉUNIONNAIS EN MÉTROPOLE
L'ASSEMBLÉE CONDAMNE LE PLACEMENT PAR L?ÉTAT D?ENFANTS RÉUNIONNAIS EN MÉTROPOLE

PARIS (Reuters) - Les députés français ont condamné mardi le placement organisé par l'Etat d'enfants réunionnais en métropole de 1963 à 1982 pour résoudre les problèmes démographiques de l'île.

La gauche a adopté une proposition de résolution soutenue par le gouvernement mais vivement contestée par l'opposition de droite responsable de cette politique qui dénonce une manoeuvre à l'approche des élections municipales de mars prochain.

"En votant cette proposition de résolution vous rendez à toutes ces femmes, à tous ces hommes leur dignité", a dit la ministre de la Famille Dominique Bertinotti.

L'Assemblée nationale considère que "l'Etat a manqué à sa responsabilité morale avec les pupilles".

Le Bureau pour le développement des migrations dans les départements d'outre-mer (Bumidon), créé en 1963, avait pour mission de trouver une solution aux problèmes démographiques et sociaux en organisant une émigration massive vers la métropole.

Le gaulliste Michel Debré, qui fut chef du gouvernement de 1959 à 1962 puis député de la Réunion de 1963 à 1988, fut l'un des promoteurs de la politique de migration de Réunionnais vers la métropole. Plus de 1.600 jeunes ont quitté leur département d'origine entre 1963 et 1982, date de la dissolution du Bumidon.

A diverses reprises, à partir des années 70, des critiques se sont élevées pour dénoncer "une politique de déportation" de jeunes enfants de la Réunion vers l'Hexagone.

"Toute leur vie, ces enfants connaîtront les stigmates de cette épreuve douloureuse", a dit la députée PS de la Réunion, Ericka Bareigts, l'une des instigatrices de cette résolution.

Huguette Bello, apparentée Front de gauche, elle aussi élue de la Réunion, a dressé un sombre tableau de la situation avec des enfants placés dans des familles, des exploitations agricoles et des lieux d'accueil éparpillés dans soixante départements notamment ruraux, comme la Creuse.

"Chacun peut imaginer le choc brutal et total subi dès leur arrivée par celles et ceux qu'on a appelé plus tard 'les Enfants de la Creuse'", a-t-elle poursuivi.

Le groupe UDI (centriste) a décidé de ne pas participer au scrutin afin de dénoncer "une manoeuvre politique, à la veille des municipales, en direction des électeurs de la Réunion", a dit son porte-parole Jean-Christophe Lagarde.

L'UMP Didier Quentin a dénoncé à la fois "un tableau manichéen" et "un abus de langage choquant" en raison de l'utilisation de mots tels que celui de "déportation".

Emile Picy, édité par Yves Clarisse

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  • M3493130 le mercredi 19 fév 2014 à 10:34

    Repentance ? Certains de ces enfants ont réussi en métropole et on n'en parle pas. SAns doute qu'il y a eu traumatisme pour certains mais combien. Pensez aux métropolitains qui ont été placés en orphelinat ou à la DAS. On n'en parle pas.Arrêtons avec tout ce passé et regardons devant. Entrer dans l'histoire à reculons c'est terminé.

  • rodde12 le mercredi 19 fév 2014 à 10:24

    Ils n'ont rien d'autre à foutre? On les paie pour ça?

  • mlaure13 le mercredi 19 fév 2014 à 08:08

    Et allons-y la repentance...y a du grain à moudre...au moins une par jour si on cherche bien...ça va les occuper nos parlementaires...Et pendant ce temps la, la France s'enfonce et meurt lentement mais sûrement ???...

  • M5441845 le mardi 18 fév 2014 à 22:05

    Un jour les enfants d'immigrés feront condamner la France parce qu'on ne les a pas renvoyés chez eux et qu'ils ont été déracinés... C'est déjà écrit dans l'histoire

  • M2711013 le mardi 18 fév 2014 à 20:06

    Ben ils ont vraiment besoin d'électeurs...