L'ASN pointe du doigt six centrales nucléaires

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FESSENHEIM ET CINQ AUTRES CENTRALES NUCLÉAIRES VISÉES PAR L'AUTORITÉ DE SÛRETÉ
FESSENHEIM ET CINQ AUTRES CENTRALES NUCLÉAIRES VISÉES PAR L'AUTORITÉ DE SÛRETÉ

par Marion Douet

PARIS (Reuters) - Six centrales nucléaires françaises, parmi lesquelles celle de Fessenheim, ont été moins performantes en 2012 au regard de la sûreté et de la radioprotection, selon le rapport annuel de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) présenté mardi.

Du point de vue de la sûreté, Civaux, Cruas, Paluel, Chinon - cette dernière ayant déjà été pointée du doigt pour l'année 2011 - sont en queue de classement des 19 centrales nucléaires françaises.

Les centrales de Cattenom et de Fessenheim sont épinglées pour des défauts de radioprotection.

Fessenheim, que le gouvernement s'est engagé à fermer avant la fin 2016, cristallise les craintes de l'opinion en raison de son ancienneté et de sa situation en zone sismique et inondable.

L'ASN qualifie, comme en 2011, le niveau de sûreté du parc nucléaire français de "globalement satisfaisant". Cette évaluation pourrait être améliorée si les exploitants répondent favorablement à l'ensemble des prescriptions et mises en demeure du "gendarme" du nucléaire.

Les évaluations réalisées après la catastrophe de Fukushima ont amené en 2012 l'ASN à émettre un millier de prescriptions sur l'amélioration des réacteurs français, notamment la mise en place de "noyaux dur" dans les réacteurs.

50 MILLIARDS D'EUROS POUR L'APRÈS-40 ANS

Interrogé sur les délais nécessaires à la préparation de l'arrêt définitif et du démantèlement de Fessenheim, obligatoirement conjoints, Pierre-Franck Chevet, président de l'ASN, a redit que l'organisme prévoyait une période de cinq ans.

"La loi prévoit une procédure de même niveau que celle de l'autorisation. Un bon dossier, nous estimons ça à deux ans. Une bonne instruction, nous estimons ça à trois ans (...). On gagnera peut-être un an, mais c'est l'ordre d'idée", a-t-il dit.

L'ASN juge le manque d'investissements d'EDF dans les centrales nucléaires "en partie responsable" de la faible disponibilité des réacteurs nucléaires pour produire de l'électricité - et peut-être de certains incidents - en 2012.

Pierre-Franck Chevet a précisé qu'il n'incombait pas à l'ASN de contrôler les investissements d'EDF, mais par exemple aux services émanant directement de l'Etat comme la Direction générale de l'Energie et du Climat (DGEC).

Interrogé sur le montant des investissements d'EDF, Pierre-Franck Chevet a évoqué le chiffre de 50 milliards d'euros nécessaires selon lui à une "cure de jouvence pour aller au-delà de 40 ans."

L'Autorité de sûreté nucléaire a d'ores et déjà donné son accord de principe pour prolonger au cas par cas l'exploitation des centrales nucléaires au-delà de 30 ans. Elle a rappelé mardi qu'elle prendrait position vers 2015 pour une exploitation jusqu'à 50 ans.

L'ASN a recensé 1.170 événements concernant la sûreté en 2012, dont 149 de niveau 1 et 4 de niveau 2 sur une échelle de gravité Ines qui en compte 7.

Edité par Sophie Louet

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