L'asile albanais

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L'asile albanais
L'asile albanais

Ce vendredi soir, les Albanais se rendent sans pression à Rennes pour y disputer un amical de gala face aux Bleus. En 1991, la confrontation entre l'EDF et les Rouges et Noirs n'a pas revêtu plus d'enjeu sportif. Mais pour certains joueurs de la sélection, elle a constitué une occasion rêvée d'échapper à la situation de leur pays.Dans l'antre du Parc des Princes, la sélection albanaise ne nourrit que peu d'espoir. En déplacement dans la capitale française pour y rencontrer les Bleus de Platini, les Kuq e Zinjtë ne résistent d'ailleurs pas longtemps. Un doublé de Sauzée avant la fin du premier quart d'heure, un autre de Papin avant la mi-temps viennent de balayer les infimes prétentions de cette petite nation du football. 5-0, score final, la démonstration attendue a eu lieu sur le terrain. D'un intérêt sportif limité, la rencontre va pourtant trouver un écho plus considérable une fois l'enceinte quittée. Car ce 30 mars 1991, profitant de leur présence dans l'Hexagone, certains membres de la sélection font le choix de l'exil et ne rentreront jamais dans un pays miné par la dictature d'inspiration communiste. Une cavale entre Genève, Bruxelles ou encore Le Mans, rythmée par les accidents de voiture, des hommes à lunettes noires et Jean-Pierre Papin.
Parc des Princes puis exil
Plongée depuis près de 45 ans sous la coupe d'un régime stalinien, l'Albanie est un pays coupé du reste du monde. Appauvrie, la population subit alors les conséquences de la politique isolationniste d'Enver Hoxha, (décédé en 85 et laissant place à Ramiz Alia). Mais en 1990, le vent de la révolte souffle sur cette république : manifestations étudiantes, statue de Staline déboulonnée, réformes d'apparat effectuées par les dirigeants du Parti... Malgré ces mouvements, beaucoup ne croient pas en un changement de régime. Une partie de la population choisit l'exil, à l'instar de ces footballeurs, et ce en dépit des premières élections libres organisées le lendemain du match dans le pays. "La situation pas claire en Albanie, les gens n'étaient pas sûrs. Je ne sais pas comment je suis arrivé à prendre la décision à ce moment là. Mais quand tu es désespéré, qu'est-ce que tu veux faire ? Quand tu veux vraiment réussir, tu as besoin de chance, et en plus de la chance il faut la saisir avec ton cœur. C'est ce que j'ai fait." se souvient Rudi Vata, pas près d'oublier cette journée particulière. La veille, lui et ses coéquipiers n'avaient pu que constater la défection de 3 membres de la sélection (Kaçaçi, Ibro et Leskaj), ayant profité d'une escale à Genève pour se faire la malle. Et s'il foule la pelouse du Parc en ce soir de mars, le défenseur ne va pas tarder à emprunter le même chemin : "Mon frère était sur un bateau en route vers...

Dans l'antre du Parc des Princes, la sélection albanaise ne nourrit que peu d'espoir. En déplacement dans la capitale française pour y rencontrer les Bleus de Platini, les Kuq e Zinjtë ne résistent d'ailleurs pas longtemps. Un doublé de Sauzée avant la fin du premier quart d'heure, un autre de Papin avant la mi-temps viennent de balayer les infimes prétentions de cette petite nation du football. 5-0, score final, la démonstration attendue a eu lieu sur le terrain. D'un intérêt sportif limité, la rencontre va pourtant trouver un écho plus considérable une fois l'enceinte quittée. Car ce 30 mars 1991, profitant de leur présence dans l'Hexagone, certains membres de la sélection font le choix de l'exil et ne rentreront jamais dans un pays miné par la dictature d'inspiration communiste. Une cavale entre Genève, Bruxelles ou encore Le Mans, rythmée par les accidents de voiture, des hommes à lunettes noires et Jean-Pierre Papin.
Parc des Princes puis exil
Plongée depuis près de 45 ans sous la coupe d'un régime stalinien, l'Albanie est un pays coupé du reste du monde. Appauvrie, la population subit alors les conséquences de la politique isolationniste d'Enver Hoxha, (décédé en 85 et laissant place à Ramiz Alia). Mais en 1990, le vent de la révolte souffle sur cette république : manifestations étudiantes, statue de Staline déboulonnée, réformes d'apparat effectuées par les dirigeants du Parti... Malgré ces mouvements, beaucoup ne croient pas en un changement de régime. Une partie de la population choisit l'exil, à l'instar de ces footballeurs, et ce en dépit des premières élections libres organisées le lendemain du match dans le pays. "La situation pas claire en Albanie, les gens n'étaient pas sûrs. Je ne sais pas comment je suis arrivé à prendre la décision à ce moment là. Mais quand tu es désespéré, qu'est-ce que tu veux faire ? Quand tu veux vraiment réussir, tu as besoin de chance, et en plus de la chance il faut la saisir avec ton cœur. C'est ce que j'ai fait." se souvient Rudi Vata, pas près d'oublier cette journée particulière. La veille, lui et ses coéquipiers n'avaient pu que constater la défection de 3 membres de la sélection (Kaçaçi, Ibro et Leskaj), ayant profité d'une escale à Genève pour se faire la malle. Et s'il foule la pelouse du Parc en ce soir de mars, le défenseur ne va pas tarder à emprunter le même chemin : "Mon frère était sur un bateau en route vers...

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