L'Asean s'inquiète des prétentions territoriales chinoises

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KUALA LUMPUR, 6 août (Reuters) - Les Etats membres de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (Asean) se déclarent "très préoccupés" par les revendications territoriales en mer de Chine du Sud dans un projet de déclaration finale qui doit être publié jeudi à l'issue de leur sommet à Kuala Lumpur et que s'est procuré Reuters. La formulation du texte a été délicate et le sommet lui-même a été marqué par le malaise que créent les prétentions chinoises dans cette zone maritime disputée, qui est l'un des grands carrefours du trafic maritime mondial. La Chine revendique la majeure partie de la mer de Chine du Sud, mais les Philippines, Taiwan, la Malaisie, le sultanat de Bruneï et le Vietnam affirment chacun avoir des droits sur certaines zones. Le communiqué final devrait constater que les dossiers liés à la mer de Chine du Sud ont fait l'objet de débats nourris. Il devrait préciser que la Chine et les pays de l'Asean vont s'engager dans "la prochaine étape" des consultations sur l'élaboration d'un code de conduite contraignant en la matière. Les ministres des Affaires étrangères des 10 Etats de l'Asean ont été rejoints cette semaine par leurs homologues de plusieurs pays extérieurs au groupe, dont la Chine et les Etats-Unis. Le chef de la diplomatie américaine, John Kerry, a déclaré jeudi que son pays n'acceptait aucune restriction à la liberté de navigation en mer de Chine du Sud. MILITARISATION "La liberté de navigation et de survol figure parmi les piliers essentiels du droit maritime international", a-t-il. "En dépit des assurances sur le respect de ces libertés, nous avons constaté des avertissements et des tentatives de restriction ces derniers mois", a-t-il ajouté. Selon Manille, la Chine a averti à plusieurs reprises l'armée de l'air philippine de se tenir à distance des îlots artificiels qu'elle a construit dans l'archipel des Spratleys. "Peu importe qu'un navire soit un grand vaisseau militaire ou un petit bateau de pêche. Le principe est clair: le droit de toutes les nations doit être respecté", a dit John Kerry. Le secrétaire d'Etat américain a ajouté espérer que la Chine avait cessé de construire des îlots artificiels pour appuyer ses revendications et il a jugé que la militarisation de la région devait être interrompue. Selon quatre sources proches du dossier, le Japon a engagé des discussions avec les Philippines pour leur fournir des avions patrouilleurs afin de surveiller les activités chinoises dans la zone concernée. Tokyo n'a aucune revendication à défendre dans la région mais s'inquiète des initiatives chinoises dans les Spratleys, qui permettraient à la République populaire d'étendre son influence militaire à des routes maritimes très fréquentées par les cargos nippons. (Marc Angrand pour le service français)

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