L'artillerie sud-coréenne riposte à des tirs venant du Nord

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(Actualisé avec déclaration de la Corée du Nord, 4e et 5e paragraphes) par Jun-min Park et Tony Munroe SEOUL, 20 août (Reuters) - L'artillerie sud-coréenne a tiré jeudi des dizaines d'obus en direction du point d'où les Nord-Coréens venaient de prendre pour cible un haut-parleur sud-coréen, dans la partie occidentale de la frontière, a confirmé le ministère sud-coréen de la Défense. "Notre armée a intensifié sa surveillance et suit de près les mouvements de troupes nord-coréens", a dit le ministère dans un communiqué. Le niveau d'alerte de l'armée sud-coréenne a été porté à son degré maximal. Une réunion du Conseil national de sécurité de la présidence sud-coréenne a été convoquée à Séoul. Selon les médias du Sud, les tirs nord-coréens ont visé à 15h32 locales (06:52 GMT) un haut-parleur placé du côté sud de la frontière. Il ne semble pas avoir été endommagé et il n'y aurait pas de blessés. Le régime de Pyongyang a menacé le Sud d'opérations militaires si Séoul continuait la diffusion de propagande en direction du Nord le long de la frontière, a déclaré jeudi le ministère sud-coréen de la Défense. Le Nord a réclamé l'arrêt des diffusions par haut-parleurs dans les 48 heures. Les forces armées nord-coréennes ont adressé une lettre en ce sens jeudi aux alentours de 17h00 locales (08:00 GMT). Elles y décrivent les émissions de propagande du Sud comme un "défi notable" lancé au Nord. Le projectile tiré par le Nord semble être tombé à une soixantaine de kilomètres au nord de Séoul, dans une zone montagneuse proche d'une base militaire située dans la ville de Yeoncheon. Les Sud-Coréens vivant dans le secteur ont reçu l'ordre d'évacuer les lieux, écrit l'agence de presse sud-coréenne Yonhap. PAS DE TRAITE DE PAIX Il s'agit du premier échange de tirs entre les deux Corées depuis octobre dernier, quand des soldats nord-coréens s'étaient approchés de la frontière et ne s'étaient pas retirés malgré les tirs de sommation de soldats du Sud, avait alors dit le ministère de la Défense à Séoul. Les soldats du Nord communiste avaient riposté aux tirs et la fusillade avait duré une dizaine de minutes, sans faire de victimes. La tension est remontée entre les deux Coréens au début du mois avec l'explosion de mines anti-personnel dans la DMZ (zone démilitarisée intercoréenne). Deux soldats sud-coréens ont été blessés et ont dû être amputés des jambes, et Séoul a accusé Pyongyang d'avoir posé ces mines, ce que le Nord a démenti. Depuis lors, Séoul a repris la diffusion de propagande via des haut-parleurs installés sur la frontière, renouant là avec une méthode à laquelle les deux camps avaient renoncé en 2004. Samedi dernier, Pyongyang a exigé du Sud qu'il interrompe la diffusion de cette propagande, et a menacé de représailles militaires si Séoul n'obtempérait pas. Lundi, le Nord a repris à son tour la diffusion de propagande. L'échange de tirs de jeudi intervient aussi sur fond de manoeuvres militaires annuelles américano-sud-coréennes, qui ont commencé lundi et dans lesquelles le Nord voit les préparatifs d'un nouveau conflit. Les deux Corées sont toujours théoriquement en état de guerre depuis le conflit de 1950-53, qui s'est terminé par un armistice et une trêve, et non par un traité de paix. (Eric Faye pour le service français)

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