L'arrêté "anti-burkini" de Nice suspendu par la justice

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    PARIS, 1er septembre (Reuters) - La justice a suspendu jeudi 
l'arrêté de la mairie de Nice interdisant l'accès aux plages aux 
baigneurs portant des vêtements religieux, conformément à une 
décision rendue la semaine dernière par le Conseil d'Etat. 
    Le maire avait signé le 19 août cet arrêté dit 
"anti-burkini" en invoquant notamment l'émotion soulevée par 
l'attentat qui a fait 86 morts le 14 juillet sur la promenade 
des Anglais et des risques de troubles à l'ordre public. 
    Saisi par la Ligue des droits de l'homme (LDH) et le 
Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF), le juge des 
référés du tribunal administratif de Nice a jugé qu'il n'y avait 
aucune preuve de tels risques. 
    "L'arrêté litigieux a ainsi porté une atteinte grave et 
manifestement illégale aux libertés fondamentales que sont la 
liberté d'aller et venir, la liberté de conscience et la liberté 
personnelle", peut-on lire dans l'ordonnance, dont Reuters a 
obtenu copie. 
    Après Cannes, une trentaine de communes du Nord et du 
Sud-Est, pour la plupart dirigées par des maires de droite, ont 
pris cet été des mesures similaires et déclenché par ricochet 
une polémique nationale, à laquelle se sont mêlés Manuel Valls, 
certains de ses ministres et les principaux ténors de droite. 
    Depuis la décision du Conseil d'Etat concernant 
Villeneuve-Loubet, près de Nice, les tribunaux administratifs 
ont annulé plusieurs arrêtés municipaux de ce type, contestés 
par la LDH et le CCIF.   
    Jeudi, le tribunal de Nice a renoncé à statuer sur l'arrêté 
de Roquebrune-Cap-Martin, retiré par la mairie, et celui de 
Menton, arrivé à échéance. 
 
 (Simon Carraud, édité par Yves Clarisse) 
 
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