L'arrêt de Kaesong n'est qu'un début, prévient Séoul

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    par Jack Kim 
    SEOUL, 16 février (Reuters) - La présidente sud-coréenne, 
Park Geun-hye, a averti mardi la Corée du Nord que la suspension 
des activités de la zone industrielle intercoréenne de Kaesong 
n'était que "le début d'une série d'actions" que Séoul prendra 
avec la communauté internationale en réaction au tir d'une fusée 
par Pyongyang le 7 février." 
    La Corée du Sud est en alerte contre tout type "d'actions 
extrêmes" que le Nord pourrait commettre, a ajouté la chef de 
l'Etat en demandant le soutien de tous les parlementaires, 
au-delà des clivages partisans.  
    Le tir d'une fusée nord-coréenne a été condamné par la 
communauté internationale, qui a estimé qu'il s'agissait d'un 
tir de missile balistique de longue portée, ce que Pyongyang a 
interdiction d'effectuer en vertu des résolutions du Conseil de 
sécurité de l'Onu.  
    Pour Park Geun-hye, il est temps de voir en face la "vérité 
dérangeante" que le Nord ne changera pas. La présidente rompt là 
avec sa "politique de confiance" qui, avait-elle espéré jusqu'à 
présent, jetterait les bases, à terme, d'une réunification. 
    Or, estime-t-elle aujourd'hui, les efforts entrepris dans ce 
sens n'ont pas donné de résultat. "Il est apparu que la démarche 
à l'oeuvre et la bonne volonté ne permettraient pas de rompre 
avec le développement du nucléaire par le régime nord-coréen", 
a-t-elle dit mardi devant les députés à Séoul. 
    Washington et Séoul recherchent l'appui de la Chine, 
principal allié de Pyongyang, pour durcir les sanctions 
internationales contre le régime du Nord après le tir du 7 
février. 
     
    REVIREMENT 
    "Le postulat de la 'politique de confiance' consistait à 
voir dans le Nord un partenaire. Les propos de la présidente 
signifient que ce postulat était erroné. Il s'agit d'un 
revirement complet de la politique envers la Corée du Nord", a 
analysé Hong Sung-gul, professeur en science politique à 
l'Université Kookmin. 
    La Corée du Sud a suspendu la semaine dernière les activités 
de la zone industrielle de Kaesong, située sur le territoire du 
Nord, et qui est gérée conjointement avec le Nord depuis plus de 
dix ans. Cette zone industrielle est une source de devises 
fortes cruciale pour le Nord. 
    Séoul a accepté d'entrer en négociations avec Washington sur 
le déploiement d'un système de défense antimissile en Corée du 
Sud, ce à quoi s'oppose vigoureusement Pékin. 
    "Le gouvernement prendra des mesures fortes et efficaces 
pour que le Nord parvienne à la conclusion saisissante que le 
développement nucléaire n'aidera pas le régime à survivre mais 
accélérera plutôt son effondrement", a déclaré mardi Park 
Geun-hye devant le parlement de Séoul. 
    Elle n'a pas précisé ce que seraient ces mesures. 
    Séoul et Washington estiment que le tir de fusée du 7 
février a été en fait un tir expérimental de missile de longue 
portée, tandis que pour Pyongyang, ce lancement découle de son 
programme scientifique de déploiement de satellites. 
    Park Geun-hye, dont le père a dirigé la Corée du Sud d'une 
main de fer pendant 18 ans, a mis en oeuvre au début de son 
mandat de cinq ans un plan ambitieux visant à préparer une 
réunification de la péninsule coréenne. En cela, et en invoquant 
des mesures de confiance entre les deux rivaux, elle rompait 
avec la politique d'intransigeance de son prédécesseur, Lee 
Myung-bak. 
    Lors d'un discours prononcé en 2014 en Allemagne, et qui est 
resté comme la "déclaration de Dresde", Park Geun-hye avait 
appelé à un nouvel élan dans la coopération et les échanges 
entre les deux Corées, afin de les rapprocher. Elle avait formé 
le voeu que la réunification allemande de 1990 finirait par 
servir d'exemple à la péninsule coréenne. 
 
 (James Pearson; Jean-Stéphane Brosse et Eric Faye pour le 
service français) 
 
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