L'armée ukrainienne marque des points à Kramatorsk dans l'Est

le
3
AFFRONTEMENTS À KRAMATORSK, DANS L?EST DE L?UKRAINE
AFFRONTEMENTS À KRAMATORSK, DANS L?EST DE L?UKRAINE

par Miran Jelenek et Maria Tsvetkova

ODESSA/SLAVIANSK Ukraine (Reuters) - Les troupes ukrainiennes sont passées à l'offensive samedi dès l'aube contre Kramatorsk, ville de l'Est où de violents combats ont eu lieu et où l'armée a repris le QG des services de sécurité ainsi qu'une tour de télévision.

A Slaviansk, un peu plus au nord, les séparatistes pro-russes ont libéré sept observateurs militaires européens retenus en otages depuis huit jours.

Le chef des services antiterroristes ukrainiens, Vassil Kroutov, a estimé lors d'une conférence de presse à Kiev que l'Ukraine était désormais en situation de "guerre".

"Ce qui se passe dans la région de Donetsk et dans les régions de l'Est n'est pas un soulèvement passager, c'est une guerre", a-t-il dit.

A Odessa, où vendredi au moins 42 personnes ont péri dans des affrontements de rue entre partisans et opposants à la Russie ou dans l'incendie criminel d'un bâtiment des syndicats, la foule a déposé des gerbes de fleurs samedi matin devant l'édifice brûlé, allumant des bougies.

Deux mille manifestants pro-russes se sont rassemblés devant le bâtiment incendié en scandant "Odessa est une ville russe!"

Les autorités de Kiev ont affirmé que les violences de vendredi dans cette ville portuaire des bords de la mer Noire avaient été provoquées par des paramilitaires étrangers venus de Transnistrie, une région sécessionniste russophone de Moldavie, située non loin d'Odessa. Selon Kiev, la majeure partie des morts identifiés à ce jour sont originaires de Transnistrie, région où les Russes disposent d'une garnison.

Une porte-parole des services de services de sécurité ukrainiens a nommément mis en cause dans ces troubles deux proches du président déchu Viktor Ianoukovitch, Serhiy Arbouzov et Oleksander Klimenko, qu'elle a accusés de se cacher "dans un pays voisin". La police ukrainienne a annoncé que plus de 130 personnes avaient été arrêtées après l'incendie criminel d'Odessa, dans lequel 37 personnes ont perdu la vie.

LIBERATION "SANS CONDITION"

Le chef de la police locale, Petro Loutsiouk, a précisé que les 130 suspects arrêtés seraient poursuivis en justice pour avoir participé à des émeutes et pour meurtre avec préméditation.

Pour le Kremlin en revanche, c'est le gouvernement de Kiev et ses alliés occidentaux qui sont responsables des morts d'Odessa.

Le bain de sang à Odessa est survenu le jour même où, loin de là, l'armée ukrainienne lançait une offensive pour tenter de reprendre Slaviansk, bastion des séparatistes dans l'Est.

Le leader pro-russe Viatcheslav Ponomariov a déclaré à Slaviansk que les sept observateurs européens, dont quatre Allemands, et cinq de leurs accompagnateurs ukrainiens avaient été relâchés "sans condition" à l'issue de discussions avec l'émissaire du Kremlin, Vladimir Loukine, arrivé vendredi à Slaviansk. Les séparatistes, qui les avaient pris en otages le 25 avril, les accusaient d'espionnage.

"Comme je le leur avais promis, nous avons fêté mon anniversaire hier (vendredi) et ils sont partis. Comme je l'ai dit, ils étaient mes invités", a déclaré le chef séparatiste.

Leur libération était l'un des motifs invoqués par les autorités ukrainiennes pour justifier l'offensive militaire lancée vendredi matin contre cette ville du sud-est du pays.

A Kinshasa où il était en visite, le secrétaire d'Etat américain John Kerry a estimé que la libération des observateurs européens était un "pas" bienvenu, mais que d'autres restaient nécessaires pour parvenir à une désescalade.

En France, le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a salué la libération des observateurs.

"La priorité doit maintenant aller à la désescalade de la violence sur le terrain, à la préparation de l'élection présidentielle du 25 mai prochain et à la réforme constitutionnelle. La France soutiendra activement ces objectifs", a-t-il déclaré par voie de communiqué.

Le porte-parole du président russe Vladimir Poutine a déclaré quant à lui que l'idée d'organiser une élection présidentielle en Ukraine était "absurde" compte tenu du cycle de violences. Et il a affirmé que la Russie avait perdu toute influence sur les groupes "d'autodéfense" pro-russes du sud-est de l'Ukraine et ne pouvait pas résoudre seule la situation.

(avec Natalia Zinets et Elizabeth Piper; Tangi Salaün et Eric Faye pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • delapor4 le dimanche 4 mai 2014 à 01:07

    Pour le Prix Nobel de la paix Obama, l'assa.ssinat ou faire marcher la planche à billets c'est pareil. C'est bien si c'est lui qui le fait.

  • mark92 le samedi 3 mai 2014 à 19:30

    Il faut éviter que les sous marins russes polluent la mer noire après l'Antartique. 71 unités, attendent leur démantèlement, conservant à bord propulseurs et résidus de combustible nucléaires. Ils contiendraient 30 fois la quantité de combustible nucléaire du réacteur n°4 de la centrale de Tchernobyl lorsqu’il a explosé en ....

  • M8589793 le samedi 3 mai 2014 à 19:16

    Contrairement au bourrage de crane, les US ont tout fait pour mettre de l'huile sur le feu.Les morts ne les troublent guère (cf Irak)Bravo Obama et ses caniches