L'armée turque s'en prend à la presse

le
0
    ISTANBUL, 31 mars (Reuters) - L'armée turque a annoncé jeudi 
qu'elle avait engagé des poursuites contre certains organes de 
presse qu'elle accuse, sans les nommer, de saper le moral des 
troupes au moment où la Turquie fait face à des menaces 
sécuritaires sans précédent. 
    Dans un communiqué, l'état-major réaffirme également son 
soutien à la démocratie dans un pays qui a connu plusieurs 
ingérences des militaires dans les affaires civiles au cours des 
dernières décennies. 
    Cette mise au point intervient au moment où les forces 
armées sont confrontées à la reprise du conflit les opposant aux 
militants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et aux 
risques d'un débordement de la guerre civile en Syrie. 
    "Les informations et commentaires sans fondement de certains 
organes de presse influent négativement sur le moral et la 
motivation de nos héroïques frères d'armes et provoquent un 
malaise chez tous nos membres", affirme le communiqué. 
    Le texte ajoute qu'une action en justice a été intentée 
contre ces informations écrites, animées "par d'autres 
intentions", qui "sont allées trop loin". Il ne mentionne le nom 
d'aucun organe de presse. 
    Le journal Hurriyet faisait état sur son site internet de 
rumeurs concernant la préparation d'un coup d'Etat par des 
soldats fidèles à l'opposant Fethullah Gülen, prédicateur vivant 
en exil aux Etats-Unis. 
    "Les fondements des forces armées turques sont la 
discipline, une obéissance absolue et une chaîne de commandement 
unique. Il n'est pas question de faire des concessions à des 
formations illégales ou à des mouvements extérieurs à la chaîne 
hiérarchique de commandement", ajoute l'état-major. 
    "Les forces armées turques tirent leur puissance de l'amour 
profond et de la confiance du peuple et expriment leur adhésion 
à la démocratie à chaque occasion", affirme le communiqué. 
    Les militaires ont mené trois coups d'Etat en Turquie en 
1960, 1971 et 1980. Leur influence s'est érodée depuis l'arrivée 
au pouvoir du Parti de la Justice et du Développement (AKP) de 
Recep Tayyip Erdogan en 2002. 
     
 
 (Daren Butler; Pierre Sérisier pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant