L'armée syrienne sur le point d'encercler les rebelles à Alep

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BEYROUTH, 3 octobre (Reuters) - L'armée de Bachar al Assad s'est emparée vendredi de trois villages au nord d'Alep proches de la dernière grande voie d'approvisionnement des rebelles dans cette ville du nord-ouest de la Syrie, rapporte la télévision d'Etat. Si cet axe routier est repris par les forces gouvernementales, les opposants armés au régime et des civils pourraient se retrouver pris au piège dans la ville. Bien que d'autres routes secondaires permettent de rejoindre Alep au prix de trajets indirects, un tel encerclement réduirait considérablement les capacités de ravitaillement des rebelles et permettrait aussi au régime d'assiéger les rebelles dans les quartiers de la ville qu'ils ont conquis en 2012. D'après la télévision d'Etat, les forces gouvernementales sont entrées dans Moudafah, Handarat et Sifat et ont pris le contrôle de quatre carrefours à l'ouest de Sifat, tuant "de nombreux terroristes et détruisant des dizaines de voitures". "La route est complètement coupée et le régime a installé des barrages", a pour sa part déclaré Mohamed Bidour, un opposant à Bachar al Assad âgé de 25 ans. "Nos camarades y sont allés et ont dû effectuer un autre trajet très long de plusieurs heures." Selon cet opposant, des combats se poursuivaient dans les villages de Sifat et Dowir al Zeitoun, à un peu moins de 10 km au nord d'Alep. Abdoullah Katmaoui, civil âgé de 30 ans, a dit ne pas avoir pu se rendre directement en voiture à Alep car la route est coupée. "Quand nous sommes arrivés dans la périphérie nord (d'Alep), nous avons compris qu'il y avait un problème sur la route et quand nous sommes arrivés à Handarat, il y avait des combats." D'après l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), qui suit l'évolution du conflit en Syrie, l'armée ne contrôle pas encore l'axe routier mais ce dernier est coupé car les combats se concentrent autour de Handarat, un faubourg au nord d'Alep. "Si l'armée peut prendre et tenir Handarat, alors Alep sera assiégée", a déclaré Rami Abdelrahman, directeur de l'OSDH, au téléphone. Né en 2011 sous la forme de manifestations pacifiques réprimées par le régime, le conflit civil en Syrie a fait près de 200.000 morts et a permis aux djihadistes sunnites de l'Etat islamique (EI) de s'emparer d'une partie du territoire syrien, dans l'est et le nord du pays. Tandis que les Etats-Unis, bien qu'hostiles à Bachar al Assad, bombardent depuis une dizaine de jours les positions de l'Etat islamique en Syrie, l'armée syrienne a intensifié sa propre campagne contre les rebelles cherchant à renverser le régime. (Tom Perry et Oliver Holmes; Bertrand Boucey pour le service français, édité par Marc Angrand)

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