L'armée syrienne sillonne Damas, combats à Alep

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OFFENSIVE DES REBELLES SYRIENS DANS LE CENTRE D'ALEP
OFFENSIVE DES REBELLES SYRIENS DANS LE CENTRE D'ALEP

par Oliver Holmes

BEYROUTH (Reuters) - Les combats entre forces fidèles au président Bachar al Assad et insurgés se sont poursuivis à Alep mardi mais réduits à Damas, bien que des explosions et des fusillades aient continué dans le centre de la capitale.

A Alep, deuxième ville du pays relativement épargnée par les violences jusqu'à une offensive rebelle la semaine dernière, les insurgés ont lancé une attaque pour prendre le centre-ville et affrontaient l'armée loyaliste aux portes de la vieille ville, classée au patrimoine mondial, selon habitants et opposants.

Des militants ont aussi déclaré que les forces syriennes avaient tué quinze prisonniers qui s'étaient mutinés au cours de la nuit dans un établissement pénitentiaire à la périphérie nord d'Alep.

L'armée a repris le contrôle de la majorité des quartiers de Damas que les rebelles avaient capturés au cours d'une offensive lancée le 15 juillet.

Tirs et explosions ont été entendus par des militants de l'opposition dans le quartier central de Barzeh, investi dans la nuit par l'armée, après avoir été provisoirement tenu par les rebelles.

Des chars circulaient dans le quartier de Midane, également dans le centre de Damas, que l'armée a repris vendredi, alors que la plupart des rues du district de Kaboune, terrain d'autres combats dans le nord-est de la ville, étaient désormais vides.

Les autorités ont arrêté un individu qu'elles accusent d'avoir perpétré l'attentat du 18 juillet rapporte, par ailleurs, l'agence de presse iranienne Fars.

Celle-ci précise, en citant les propos d'un député syrien, que le suspect travaillait au siège de la sécurité nationale dans la capitale, où l'explosion a eu lieu, coûtant la vie à quatre hauts responsables de la sécurité et portant un rude coup au pouvoir.

INQUIÉTUDES SUR L'ARSENAL CHIMIQUE

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), organisme d'opposants basé à Londres, a évoqué dimanche un bilan de 1.261 tués, dont 299 parmi les forces pro-Assad, dans toute la Syrie depuis dimanche dernier.

Les grandes puissances ont continué à mettre en garde Damas contre l'utilisation d'armes chimiques, alors que le gouvernement syrien a menacé lundi de les utiliser en cas d'intervention étrangère.

Le président américain Barack Obama a averti lundi Damas que le recours à ces armes non conventionnelles serait "une erreur tragique".

S'exprimant mardi sur France 2, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a souligné que les armes chimiques syriennes étaient attentivement surveillées par la communauté internationale et que leur utilisation serait inacceptable.

Un responsable de la défense israélienne, Amos Gilad, a toutefois déclaré mardi que le stock d'armes chimiques était entièrement contrôlé par le gouvernement syrien, relativisant les inquiétudes exprimées par Benjamin Netanyahu, Premier ministre d'Israël, sur leur récupération éventuelle par des groupes islamistes comme le Hezbollah libanais.

Laurent Fabius a également déclaré que la chute de Bachar n'était qu'une "question de temps", un avis partagé par le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan pour qui le soulèvement est "proche de la victoire", et Nabil Elarabi, secrétaire général de la Ligue arabe, selon qui "le régime ne peut pas perdurer pendant longtemps".

"L'heure n'est plus au débat sur les réformes mais sur un transfert du pouvoir", a dit Nabil Elarabi, avant des visites prochaines en Chine et en Russie, qui ont opposé par trois fois au Conseil de sécurité de l'Onu leur veto à des résolutions prévoyant des sanctions contre Bachar al Assad.

"Notre message aux Russes sera, avec clarté et franchise, que la décision qu'ils ont prise d'opposer leur veto est considérée comme contraire aux intérêts arabes", a affirmé le secrétaire général de la Ligue arabe.

Julien Dury pour le service français, édité par Jean-Stéphane Brosse

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  • M4220692 le mardi 24 juil 2012 à 14:17

    On chasse un dictateur et un barbu fanatique prenne sa place, LOL.

  • baljo le mardi 24 juil 2012 à 13:54

    Fafa,les turques et la ligue arabe prennent leur désir pour la réalité. Il serait temps qu'ils descendent sur terre. L'heure n'est pas au changement de régime mais à l'éradication des islamistes salafistes et mercenaires payés par le Quatar.