L'armée syrienne s'empare de la ville-clé de Koussaïr

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LA VILLE-CLÉ DE KOUSSAÏR AUX MAINS DE L'ARMÉE SYRIENNE
LA VILLE-CLÉ DE KOUSSAÏR AUX MAINS DE L'ARMÉE SYRIENNE

par Erika Solomon

BEYROUTH (Reuters) - L'armée syrienne a pris mercredi le contrôle de la ville stratégique de Koussaïr, près de la frontière libanaise, signant une importante défaite pour les forces opposées au président Bachar al Assad qui ont confirmé leur retrait.

Occupée par les insurgés il y a dix-huit mois, Koussaïr était assiégée depuis plus de deux semaines par les forces gouvernementales, appuyées par des miliciens chiites du Hezbollah libanais.

"Nous n'hésiterons pas à écraser avec une poigne de fer ceux qui nous attaquent (...) Ils auront le choix entre se rendre ou périr", a déclaré le commandement des forces armées syriennes dans un communiqué. "Nous poursuivrons notre série de victoires jusqu'à ce que nous ayons reconquis chaque mètre carré de territoire syrien", lit-on également dans le communiqué.

En reprenant la ville, le gouvernement de Damas veut assurer la liaison entre la plaine de la Bekaa au Liban, bastion du Hezbollah, et les régions de la côte syrienne où vivent de nombreux alaouites, membres d'une branche du chiisme à laquelle appartient le président Assad.

Selon un combattant de la Force de défense nationale (FDN, pro-Assad), l'armée syrienne pourrait désormais concentrer ses efforts sur la province d'Alep, dans le nord de la Syrie, tenue en pratique par les rebelles depuis un an.

Un combattant du Hezbollah a raconté à Reuters que Koussaïr avait été prise lors d'une offensive éclair menée dans la nuit de mardi à mercredi et qu'une partie des insurgés avaient pu fuir. "Nous avons procédé à une attaque surprise aux premières heures et nous sommes entrés dans la ville ; ils (les rebelles) se sont échappés", a-t-il dit.

Des images de Koussaïr diffusées par les télévisions mercredi montrent d'importantes destructions, avec des bâtiments en ruine, des rues dévastées et aucun habitant en vue.

"Qui contrôle Koussaïr contrôle le centre du pays et qui contrôle le centre du pays contrôle toute la Syrie", a déclaré le général Yahya Souleiman, à la chaîne de télévision libanaise Mayadine.

La chaîne du Hezbollah, Al Manar, montre un homme qui escalade la tour de l'horloge sur la place centrale de la ville pour y planter un drapeau syrien, tandis que des chars circulent dans les rues.

"Nos forces armées héroïques ont ramené la sécurité et la stabilité dans toute la ville de Koussaïr", affirme un communiqué diffusé par la télévision publique syrienne.

FEUX D'ARTIFICE

Dans le sud de Beyrouth, fief du Hezbollah, les habitants ont fêté la prise de Koussaïr en lançant des feux d'artifice.

De source politique libanaise proche du Hezbollah, on déclarait voir dans la chute de Koussaïr une succès stratégique de nature à remonter le moral des forces du régime Assad. On ajoutait de même source que le Hezbollah n'interviendrait pas nécessairement dans d'autres batailles mais qu'il pourrait apporter une aide indirecte à l'armée syrienne.

Soulignant que le conflit risquait de s'étendre au Liban, le commandant de l'Armée syrienne libre (ASL), Salim Idriss, a déclaré au micro de la BBC que ses combattants pourraient frapper le Hezbollah sur son propre terrain.

"Les combattants du Hezbollah envahissent le territoire syrien. Et vu qu'ils continuent de le faire sans que les autorités libanaises prennent des mesures pour les en empêcher, je pense que nous sommes fondés à lutter contre les hommes du Hezbollah en territoire libanais", a-t-il averti.

La chute de Koussaïr renforce la position de Bachar al Assad en prévision de négociations de paix dont doivent s'entretenir les représentants des Etats-Unis et de la Russie mercredi à Genève en présence de l'émissaire spécial des Nations unies et de la Ligue arabe, Lakhdar Brahimi.

Les rebelles défaits expliquent qu'ils se sont retirés de Koussaïr "face à un énorme arsenal", au manque d'équipement et à "l'intervention manifeste du Hezbollah".

"Des dizaines de combattants sont restés derrière et ont assuré le retrait de leurs camarades ainsi que des civils", disent-ils dans un communiqué.

Les forces de Bachar al Assad avaient ouvert un couloir d'évacuation vers Debaa et la ville frontalière d'Arsal pour inciter les combattants rebelles à quitter Koussaïr, une localité qui comptait autrefois 30.000 habitants, apprend-on auprès des forces de sécurité.

L'armée contrôle l'essentiel de la ville, mais continue à combattre dans le quartier nord où des rebelles sont encore cachés, précise-t-on.

Selon un commandant rebelle en contact avec les brigades qui se sont retirées, la décision de retrait a été prise après une journée de tirs de roquettes par l'armée syrienne et le Hezbollah qui "ont rasé ce qui restait" de Koussaïr.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), une ONG proche de l'opposition basée à Londres, se dit préoccupée par le sort de 1.200 personnes blessées à Koussaïr et demande que la Croix-Rouge ait immédiatement accès à la ville.

Avec Mariam Karouny à Beyrouth et Khaled Yacoub Oweis à Amman, Guy Kerivel, Julien Dury, Danielle Rouquié et Eric Faye pour le service français, édité par Pascal Liétout

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  • nero51 le mercredi 5 juin 2013 à 10:54

    bon debarras a cette vermine wahabo salafiste !!!