L'armée syrienne relance son offensive contre Homs

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REPRISE DE L?OFFENSIVE DE L?ARMÉE SYRIENNE CONTRE HOMS
REPRISE DE L?OFFENSIVE DE L?ARMÉE SYRIENNE CONTRE HOMS

par Khaled Yacoub Oweis

AMMAN (Reuters) - L'armée syrienne a relancé son offensive contre des bastions rebelles de la ville de Homs, dans le centre du pays, dépêchant des milliers de miliciens progouvernementaux pour tenter de sécuriser un passage pour ses forces, a-t-on appris vendredi auprès de l'opposition.

Un attentat à la voiture piégée a tué par ailleurs huit membres des services syriens de renseignements, dont un colonel, dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud, près de la frontière avec le plateau du Golan, occupé par Israël, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

L'OSDH, une ONG basée à Londres qui dispose d'un important réseau d'observateurs sur le terrain, a attribué l'attentat au Front al Nosra, considéré comme une organisation terroriste par les Etats-Unis et a prévenu que le bilan risquait de s'alourdir.

Tandis que combats et attentats gagnent en intensité, la situation des réfugiés devient de plus en plus préoccupante.

Au total, selon des chiffres fournis par le Haut Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés (HCR), près de 700.000 Syriens ont fui la guerre et se sont réfugiés dans les pays voisins, Jordanie, Turquie, Liban, Irak, et aussi en Afrique du Nord.

Le HCR a exhorté vendredi les pays limitrophes à continuer à maintenir leurs frontières ouvertes et qualifié de "dramatique" le flot de réfugiés entrant en Jordanie.

15.000 CIVILS PRIS AU PIÈGE À HOMS

Environ 20.000 personnes ont fui la Syrie pour la Jordanie ces sept derniers jours. Le royaume hachémite compte désormais plus de 200.000 réfugiés.

Entre 25.000 et 40.000 Syriens seraient en outre massés près de la frontière turque, attendant de pouvoir passer la frontière.

La Turquie compte quinze camps de réfugiés et cinq autres sont en construction, mais les nouvelles installations se remplissent aussi vite qu'elles ouvrent, souligne-t-on à Ankara.

"Ce que nous observons en Syrie, c'est un pays dont les infrastructures sont systématiquement détruites, où des familles vivent à vingt dans une pièce (...) où l'accès à l'eau potable, à la nourriture et aux soins est un combat de plus en plus ardu", juge le directeur de l'Unicef pour les programmes d'urgence, Ted Chaïban.

A Homs, située à 140 km au nord de Damas, 15.000 civils sunnites sont pris au piège à la périphérie sud et ouest de l'agglomération, à proximité de l'intersection des grands axes nord-sud et est-ouest, cruciaux pour permettre aux forces fidèles au président Bachar al Assad de se rendre de Damas à la côte méditerranéenne.

Selon l'opposition, les bombardements à la roquette et au canon effectués par l'armée ainsi que les raids aériens ont fait au moins 120 victimes parmi les civils et 30 morts chez les insurgés depuis dimanche.

HOMS, LE POINT DE DÉPART

Ces sources précisent que des miliciens "chabiha" ont tué une centaine d'hommes, de femmes et d'enfants de confession sunnite lorsqu'ils se sont emparés il y a dix jours d'un secteur des environs.

Homs est au coeur du soulèvement armé qui a fait quelque 60.000 morts depuis mars 2011 contre le régime Assad, lequel s'appuie sur la communauté alaouite dont sont issus le chef de l'Etat et son clan familial.

Les rebelles affirment avoir conquis ces dernières semaines plusieurs quartiers de la ville, ce qui pourrait expliquer l'offensive des pro-Assad.

La guerre n'épargne désormais aucune région du pays, mais les combats se cristallisent autour de la capitale, dont les habitants vivent désormais au rythme des bombardements de l'artillerie et de l'aviation gouvernementales sur les zones aux mains des insurgés.

Selon l'ambassadeur américain en Syrie, Robert Ford, la mère de Bachar al Assad, Anisa Makhlouf, et la soeur du président, Bouchra, ont quitté la Syrie pour les Emirats arabes unis. On ignore dans l'immédiat les raisons de leur départ.

Avec Oliver Holmes, Mariam Karouny et Reuters TV à Beyrouth, Stephanie Nebehay à Genève, Jean-Loup Fiévet, Julien Dury et Pascal Liétout pour le service français

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