L'armée syrienne progresse vers la frontière turque

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    par Suleiman Al-Khalidi 
    BEYROUTH, 8 février (Reuters) - L'armée syrienne poursuit 
lundi sa progression vers la frontière turque avec le soutien de 
la Russie et de l'Iran et les rebelles estiment que l'avenir 
même de leur insurrection lancée il y a près de cinq ans contre 
Bachar al Assad est en danger.  
    Les milices chiites soutenues par Téhéran jouent un rôle clé 
dans l'offensive terrestre tandis que les bombardiers russes 
pratiquent ce que les insurgés nomment une politique de la terre 
brûlée qui a permis aux forces gouvernementales de reprendre 
pied dans la zone éminemment stratégique du nord de la Syrie 
pour la première fois depuis plus de deux ans.  
    "C'est toute notre existence qui est désormais menacée, pas 
seulement le fait de perdre du terrain", déclare Abdoul Rahim al 
Nadjaoui, du groupe rebelle Lioua al Taouhid. "Ils progressent 
et nous nous replions parce que face à des bombardements aussi 
intenses, nous devons minimiser nos pertes." 
    Les forces loyalistes sont à quelque cinq km de la ville 
sous contrôle rebelle de Tal Rafaat, ce qui les place à environ 
25 km de la frontière turque, rapportent les rebelles, les 
habitants et l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), 
selon qui les forces gouvernementales syriennes n'avaient plus 
été aussi près de la frontière turque depuis août 2013.  
    Le vaste assaut lancé par Damas et ses alliés au nord d'Alep 
il y a une semaine a provoqué l'exode de dizaines de milliers de 
civils vers la Turquie, qui abrite déjà plus de 2,5 millions de 
Syriens, la plus importante population de réfugiés au monde.  
    L'escalade des bombardements russes ces deux derniers jours 
sur les villes d'Anadan et Haritan, au nord-ouest d'Alep, a fait 
fuir des milliers d'autres habitants, selon un habitant de la 
ville d'Azaz.  
     
    "LA TURQUIE EST MENACÉE" 
    Les régions contrôlées par la rébellion dans et autour 
d'Alep abritent encore quelque 350.000 personnes mais les 
travailleurs humanitaires estiment qu'elles pourraient bientôt 
tomber aux mains du gouvernement.  
    "Dans certaines parties d'Alep, le régime Assad a coupé le 
couloir nord-sud (...). La Turquie est menacée", a estimé le 
président turc Recep Tayyip Erdogan au cours du week-end.  
    Damas veut reprendre totalement le contrôle d'Alep, la plus 
grande ville de Syrie avant la guerre civile qui a débuté en 
2011 et fait plus de 250.000 morts et 11 millions de déplacés. 
    Mercredi, les forces gouvernementales et les milices alliées 
ont mis fin au siège par la rébellion de deux localités chiites 
situées à une vingtaine de km au nord d'Alep, Nouboul et Zahraa, 
ce qui leur a permis de couper le principal axe routier reliant 
les zones rurales du nord d'Alep à la partie est de la ville, 
que les insurgés contrôlent depuis 2012.  
    La conquête des villes de Mayer et Kafin, au nord de Nouboul 
et Zahraa, au cours des dernières 24 heures a désormais ouvert 
la route vers Tal Rafaat, prochain objectif de Damas. Si la 
localité tombe à son tour aux mains du gouvernement, il ne 
restera plus que la ville d'Azaz avant la frontière turque.  
    La perte d'Azaz, qui n'est située qu'à quelques km du 
poste-frontière de Bab al Salama, signifierait que les insurgés 
ont quasiment perdu leur principal bastion du nord-ouest de la 
Syrie.  
    Parallèlement à la progression des forces gouvernementales, 
les milices kurdes YPG (unités de protection du peuple), qui 
contrôlent la ville d'Afrin au sud-ouest d'Azaz, se sont 
emparées de plusieurs villages comme Ziyara et Khreiybeh au 
cours des derniers jours, rapportent les rebelles.  
    L'OSDH ajoute que les Kurdes ont repris les villages de Deir 
Djamal et Maranaz jusque-là tenus par les insurgés islamistes. 
 
 (Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 
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