L'armée syrienne progresse vers la frontière turque

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L'EXODE DES SYRIENS VERS LA TURQUIE SE POURSUIT
L'EXODE DES SYRIENS VERS LA TURQUIE SE POURSUIT

par Suleiman Al-Khalidi

BEYROUTH (Reuters) - L'armée syrienne poursuit lundi sa progression vers la frontière turque avec le soutien de la Russie et de l'Iran et les rebelles estiment que l'avenir même de leur insurrection lancée il y a près de cinq ans contre Bachar al Assad est en danger.

Les milices chiites soutenues par Téhéran jouent un rôle clé dans l'offensive terrestre tandis que les bombardiers russes pratiquent ce que les insurgés nomment une politique de la terre brûlée qui a permis aux forces gouvernementales de reprendre pied dans la zone éminemment stratégique du nord de la Syrie pour la première fois depuis plus de deux ans.

"C'est toute notre existence qui est désormais menacée, pas seulement le fait de perdre du terrain", déclare Abdoul Rahim al Nadjaoui, du groupe rebelle Lioua al Taouhid. "Ils progressent et nous nous replions parce que face à des bombardements aussi intenses, nous devons minimiser nos pertes."

Les forces loyalistes sont à quelque cinq km de la ville sous contrôle rebelle de Tal Rafaat, ce qui les place à environ 25 km de la frontière turque, rapportent les rebelles, les habitants et l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), selon qui les forces gouvernementales syriennes n'avaient plus été aussi près de la frontière turque depuis août 2013.

Le vaste assaut lancé par Damas et ses alliés au nord d'Alep il y a une semaine a provoqué l'exode de dizaines de milliers de civils vers la Turquie, qui abrite déjà plus de 2,5 millions de Syriens, la plus importante population de réfugiés au monde.

L'escalade des bombardements russes ces deux derniers jours sur les villes d'Anadan et Haritan, au nord-ouest d'Alep, a fait fuir des milliers d'autres habitants, selon un habitant de la ville d'Azaz.

"LA TURQUIE EST MENACÉE"

Les régions contrôlées par la rébellion dans et autour d'Alep abritent encore quelque 350.000 personnes mais les travailleurs humanitaires estiment qu'elles pourraient bientôt tomber aux mains du gouvernement.

"Dans certaines parties d'Alep, le régime Assad a coupé le couloir nord-sud (...). La Turquie est menacée", a estimé le président turc Recep Tayyip Erdogan au cours du week-end.

Damas veut reprendre totalement le contrôle d'Alep, la plus grande ville de Syrie avant la guerre civile qui a débuté en 2011 et fait plus de 250.000 morts et 11 millions de déplacés.

Mercredi, les forces gouvernementales et les milices alliées ont mis fin au siège par la rébellion de deux localités chiites situées à une vingtaine de km au nord d'Alep, Nouboul et Zahraa, ce qui leur a permis de couper le principal axe routier reliant les zones rurales du nord d'Alep à la partie est de la ville, que les insurgés contrôlent depuis 2012.

La conquête des villes de Mayer et Kafin, au nord de Nouboul et Zahraa, au cours des dernières 24 heures a désormais ouvert la route vers Tal Rafaat, prochain objectif de Damas. Si la localité tombe à son tour aux mains du gouvernement, il ne restera plus que la ville d'Azaz avant la frontière turque.

La perte d'Azaz, qui n'est située qu'à quelques km du poste-frontière de Bab al Salama, signifierait que les insurgés ont quasiment perdu leur principal bastion du nord-ouest de la Syrie.

Parallèlement à la progression des forces gouvernementales, les milices kurdes YPG (unités de protection du peuple), qui contrôlent la ville d'Afrin au sud-ouest d'Azaz, se sont emparées de plusieurs villages comme Ziyara et Khreiybeh au cours des derniers jours, rapportent les rebelles.

L'OSDH ajoute que les Kurdes ont repris les villages de Deir Djamal et Maranaz jusque-là tenus par les insurgés islamistes.

(Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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  • dioptaze il y a 10 mois

    Bravo Bachar!!!