L'armée syrienne progresse dans Palmyre, les combats continuent

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 (Actualisé, prise de la citadelle, directeur des Antiquités) 
    par Dominic Evans 
    BEYROUTH, 25 mars (Reuters) - Les forces gouvernementales 
syriennes ont pris vendredi le contrôle de l'ancienne citadelle 
de Palmyre, qui domine les ruines de la cité antique, rapportent 
les médias officiels syriens et l'Observatoire syrien des droits 
de l'homme (OSDH). 
    La reprise de Palmyre est une étape capitale dans 
l'entreprise de reconquête que mène le régime de Damas avec le 
soutien des forces russes, de miliciens chiites du Hezbollah et 
de militaires iraniens. 
    La télévision syrienne et la chaîne du Hezbollah libanais, 
Al Manar, ont annoncé que l'armée avait pris l'ancienne 
citadelle.  
    La chaîne par satellite panarabe Al Mayadine a montré un 
avion de combat mener trois raids, selon elle contre des 
djihadistes qui fuyait la citadelle pour gagner la ville de 
Palmyre. 
    L'OSDH a confirmé la chute de la citadelle aux mains des 
forces gouvernementales. 
    Dans la ville, ajoute l'ONG basée en Grande-Bretagne, des 
kamikazes de l'EI ont fait exploser deux voitures piégées pour 
tenter d'arrêter les gouvernementaux qui progressaient dans le 
quartier des hôtels, près de la cité antique. 
    Le directeur des Antiquités syriennes, Maamoun Abdoulkarim, 
a déclaré que la défaite des djihadistes à Palmyre serait une 
victoire pour le monde entier. 
    "Après la tragédie que nous vivons en Syrie depuis cinq ans, 
et après dix mois d'occupation à Palmyre (...), c'est la 
première fois que nous ressentons de la joie", a-t-il dit à 
Reuters. 
    "Nous prions pour que la victoire soit rapide, afin de 
limiter les dégâts. Palmyre, sous le contrôle des djihadistes, 
c'était la perte de toute une civilisation." 
     
    "LIMITER LES DÉGÂTS"   
    Des avions russes ont poursuivi leur appui aux soldats de 
Bachar al Assad, malgré les annonces de Moscou qui a récemment 
annoncé le retrait de l'essentiel de ses troupes. 
    La mort, la semaine dernière, d'un membre des forces 
spéciales russes près de Palmyre laisse d'ailleurs supposer que 
le Kremlin est davantage impliqué dans les combats qu'il ne veut 
bien l'admettre. 
    Rami Abdoulrahmane, directeur de l'OSDH, a précisé que les 
combats s'étant rapprochés des ruines de la cité antique, au 
sud-ouest de la ville, l'armée syrienne ne peut compter sur 
l'appui aérien des Russes et de son aviation en raison des 
risques que cela impliquerait pour les vestiges déjà abîmés, 
voire détruits pour certains, par l'EI. 
    L'EI a détruit ces derniers mois plusieurs monuments de la 
cité antique de Palmyre, classée au patrimoine mondial de 
l'Unesco. 
    En octobre dernier, les djihadistes ont fait sauter un arc 
de triomphe datant de l'époque romaine. Auparavant, ils avaient 
détruit deux temples, dédiés à Bel et à Baalshamine. Ils ont 
aussi assassiné l'ancien directeur du site, Khaled Assaad, qui 
était âgé de 82 ans. 
    L'Unesco, l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, 
la science et la culture, a dénoncé des "crimes de guerre". 
    L'agence a salué la perspective de la reprise de Palmyre qui 
porte selon elle "à la fois la mémoire du peuple syrien et les 
valeurs de diversité culturelle, de tolérance et d'ouverture qui 
ont fait de cette région le berceau de la civilisation" a 
déclaré la directrice générale de l'Unesco, Irina Bokova. 
    "Depuis un an le saccage de Palmyre est le symbole du 
nettoyage culturel qui sévit au Moyen-Orient. Le dynamitage et 
le dépeçage de ses trésors, dans le but de briser tout un 
peuple." 
 
 (Avec Kinda Makieh à Damas et Mostafa Hashem au Caire; Nicolas 
Delame et Guy Kerivel pour le service français) 
 
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