L'armée syrienne nie avoir bombardé un camp de déplacés

le , mis à jour à 16:06
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 (Actualisé avec armée russe) 
    BEYROUTH, 6 mai (Reuters) - L'armée syrienne a nié avoir 
bombardé jeudi un camp de fortune hébergeant des civils fuyant 
les combats à Alep, sans convaincre le haut commissaire de l'Onu 
aux droits de l'homme. 
    Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), le 
bombardement de ce camp de déplacés voisin de Sarmada, dans la 
province d'Idlib, près de la frontière turque et à une trentaine 
de kilomètres à l'ouest d'Alep, a fait au moins 28 morts et une 
cinquantaine de blessés.   
    "Ces informations (...) sur le bombardement d'un camp de 
déplacés par l'armée syrienne dans la campagne d'Idlib sont 
fausses", dit l'état-major dans un communiqué repris par les 
médias officiels. 
    Zeid Ra'ad al Hussein, haut commissaire de l'Onu aux droits 
de l'homme, parle quant à lui d'un crime de guerre qui semble 
avoir été commis délibérément. 
    "Comme ces camps de tentes se trouvent à ces endroits depuis 
plusieurs semaines et sont clairement visibles depuis les airs, 
il est extrêmement improbable que ces raids meurtriers soient 
accidentels", dit-il dans un communiqué.  
    "Mes équipes et celles d'autres organisations ne ménageront 
pas leurs efforts dans la recherche des indices de ce qui semble 
être un crime particulièrement odieux et prémédité contre des 
gens extrêmement vulnérables. Les premières informations 
suggèrent que ces raids ont été menés par l'aviation 
gouvernementale syrienne, mais cela reste à vérifier", 
poursuit-il, invitant le Conseil de sécurité à saisir la Cour 
pénale internationale. 
    Aucun avion ou drone russe n'a survolé le camp, a par 
ailleurs assuré un représentant de l'armée à Moscou, cité par 
l'agence de presse Interfax. Selon lui, le Front al Nosra, 
branche syrienne d'Al Qaïda, pourrait avoir ouvert le feu 
délibérément ou accidentellement sur les réfugiés.  
    Pour le ministère français des Affaires étrangères, "cet 
acte révoltant et inacceptable pourrait être constitutif d'un 
crime de guerre et d'un crime contre l'humanité (...)".  
    "La France appelle à ce qu'une enquête impartiale et 
indépendante soit conduite pour faire toute la lumière sur cet 
acte odieux", ajoute-t-il dans un communiqué. 
    Paris exhorte par ailleurs "les soutiens du régime à faire 
pression pour éviter un nouveau massacre" à la prison de Hama, 
dont les détenus se sont partiellement rendus maîtres et 
retiennent des gardiens en otages.  
    De son côté, Zeid Ra'ad al Hussein a dit craindre "un assaut 
meurtrier imminent".  
    "Des centaines de vies sont en jeu et j'appelle les 
autorités à recourir à une médiation ou à tout autre alternative 
à la force", a-t-il averti.  
 
 (John Davison; Tangi Salaün et Jean-Philippe Lefief pour le 
service français) 
 
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