L'armée syrienne intensifie son offensive sur Alep

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 (Actualisé avec ministre des Affaires étrangères §9-10) 
    par Tom Perry 
    BEYROUTH, 24 septembre (Reuters) - L'armée syrienne et les 
milices alliées du régime Assad ont poursuivi leur progression 
samedi dans l'offensive lancée contre Alep, grande ville du nord 
de la Syrie dont les rebelles occupent toujours la partie 
orientale, alors que la diplomatie américaine paraît impuissante 
à résoudre ce conflit. 
    Les forces gouvernementales ont pris le contrôle du camp 
d'Handarat à quelques kilomètres au nord de l'agglomération, 
marquant leur premier succès d'importance dans cette opération 
soutenue militairement par la Russie. 
    Selon des habitants sur place, les raids aériens sont d'une 
violence sans précédent, avec l'emploi de bombes d'une puissance 
inédite. 
    Le camp d'Handarat, qui abrite des réfugiés palestiniens et 
surplombe l'un des principaux axes routiers menant à la ville, 
était tenu par les insurgés depuis des années. 
    "Handarat est tombé", a reconnu un membre de l'insurrection 
présent dans Alep, information confirmée par l'armée syrienne 
qui a précisé qu'un "grand nombre de terroristes" avaient été 
tués. 
    Depuis l'annonce de l'offensive jeudi par le régime de 
Damas, des dizaines de personnes ont été tuées, enterrant les 
derniers espoirs de ranimer un cessez-le-feu péniblement mis au 
point par la Russie et les Etats et que le gouvernement d'Assad 
a abandonné au bout d'une semaine. 
    Cet échec d'une médiation politique et la volonté du 
gouvernement syrien de jouer son va-tout contre la dernière 
grande ville où les rebelles sont encore présents marquent un 
tournant dans le conflit. 
    Le président syrien et ses alliés semblent plus déterminés 
que jamais à écraser la rébellion. 
    L'armée syrienne "accomplit de grands progrès dans sa guerre 
contre le terrorisme", a commenté le ministre syrien des 
Affaires étrangères, Walid al Moalem, devant l'Assemblée 
générale des Nations unies. 
    Le diplomate a accusé les Etats-Unis et leurs alliés d'être 
"complices" du groupe Etat islamique (EI) et d'autres 
"organisations terroristes armées". 
    Le pilonnage aérien, qui ne cesse de s'intensifier, a touché 
quatre zones tenues par les opposants dans la partie orientale 
d'Alep. Selon les rebelles, ces raids sont principalement menés 
par l'aviation russe. 
     
    PRENDRE ALEP EN UNE SEMAINE 
    Les pays occidentaux et les organisations humanitaires 
internationales ont fait part de leurs inquiétudes pour les 
quelque 250.000 civils qui se trouvent assiégés dans ces 
quartiers. L'armée syrienne affirme ne viser que les activistes. 
    Ammar al Selmo, chef de la Défense civile qui mène les 
opérations de secours dans la ville, a déclaré que plusieurs 
antennes de son organisation avaient été touchées. "Nos équipes 
essaient d'intervenir mais elles ne sont pas assez nombreuses 
pour faire face à l'ampleur de la catastrophe". 
    L'armée syrienne, appuyée par des milices iraniennes, 
irakiennes et libanaises, a progressivement encerclé les 
rebelles dans la partie Est d'Alep cette année afin d'imposer un 
siège complet doté du soutien aérien russe. 
    Le chef d'une milice irakienne pro-syrienne a déclaré à 
Reuters que l'objectif était la prise de la ville dans un délai 
d'une semaine. 
    Selon un diplomate occidental, la seule manière de parvenir 
à ce résultat dans un laps de temps rapide serait de détruire 
totalement les quartiers rebelles "dans une atrocité monstrueuse 
qui marquera des générations". 
    Interrogé sur la nature des armes employées lors de cette 
offensive, une source militaire syrienne a répondu que 
l'armement utilisé était "adapté à la nature des cibles visées 
et tenait compte des fortifications", tels que des bunkers ou 
des tunnels. 
    "La plupart des victimes se trouvent sous les décombres car 
la moitié de la Défense civile ne peut pas intervenir", a 
expliqué un responsable du Front du Levant. 
    L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a établi 
un bilan de 72 tués depuis vendredi, dont cinq enfants, tandis 
qu'Ammar al Selmo avance un nombre supérieur à cent. 
    Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a 
déclaré qu'une nouvelle cessation des hostilités relevait de la 
responsabilité de toutes les parties en présence et pas 
seulement "de concessions unilatérales de la Russie". 
    "On ne peut parler d'une reprise de la trêve que sur une 
base collective", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne 
de télévision Vesti samedi. 
     
 
 (Pierre Sérisier pour le service français) 
 
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  • Berg690 il y a 3 mois

    Elle est bonne celle là :"enterrant les derniers espoirs de ranimer un cessez-le-feu .... que le gouvernement d'Assad a abandonné au bout d'une semaine." Première remarque, les rebelles n'ont pas signé et ont continué la guerre. Deuxième remarque Reuters parle du GVT et non du régime!!!!!!!!!!!!!!!!