L'armée syrienne frappe les environs de Damas

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par Khaled Yacoub Oweis

AMMAN (Reuters) - L'armée syrienne, appuyée par des hélicoptères, est passée jeudi à l'offensive dans la localité de Daraya, à la périphérie sud-ouest de Damas, pour tenter d'écraser la rébellion contre le régime du président Bachar al Assad.

Artillerie et hélicoptères ont attaqué cette agglomération sunnite, tuant 25 personnes et en blessant 200, ont déclaré des membres de l'opposition à Damas.

Les forces loyalistes ont rencontré une faible résistance dans leur progression vers le centre-ville, les insurgés ayant visiblement quitté les lieux auparavant, a-t-on appris de même source.

D'autres militants de l'opposition ont déclaré que les forces d'Assad avaient pilonné une partie de Daraya à partir du mont Qassioun et d'une caserne de la Garde républicaine proche d'un palais présidentiel qui domine la capitale.

"Pendant environ une heure, nous avons entendu des explosions et des coups de feu", a déclaré le militant de l'opposition Samir al Chami à Reuters, précisant que les combats étaient moins intenses que la veille mais que la tension était toujours importante.

Dans la matinée, les troupes gouvernementales sont également intervenues dans le quartier de Kafr Sousseh où elles ont procédé à des arrestations.

L'armée a intensifié ses opérations à Damas et à Alep, la capitale économique du pays, depuis qu'une bombe a tué quatre membres de la garde rapprochée du président le 18 juillet.

Dans une vidéo mise en ligne sur le site YouTube, on peut voir les obsèques d'une mère et de ses cinq enfants, tués par des tirs d'obus, après le raid aérien mené par l'armée cette semaine sur la banlieue de Mouadamiya, selon des membres de l'opposition. Les corps étaient enveloppés dans des linceuls blancs, les visages des enfants exposés.

L'attaque de lundi à Mouadamiya a fait 86 morts, dont la moitié tués de sang-froid, toujours selon l'opposition.

DÉPART DU CHEF DE LA MISNUS

Toutes ces informations sont difficiles à vérifier étant données les restrictions qu'imposent les pouvoirs publics syriens aux médias indépendants.

Le régime de Damas affirme se battre contre des "terroristes armés" soutenus par l'Occident et les États arabes, qui souhaitent faire tomber Assad en raison de hostilité envers Israël et les Etats-Unis.

Une centaine de personnes ont été tuées jeudi en Syrie, dont 59 civils, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), basé à Londres et proche de l'opposition.

Sur le plan diplomatique, François Hollande, le président français, et Angela Merkel, qui se sont rencontrés jeudi à Berlin, ont entamé une déclaration commune en parlant de la Syrie et de l'aide à apporter à sa population épuisée par 18 mois de combats qui ont fait plus de 18.000 morts.

A une semaine d'une réunion du Conseil de sécurité de l'Onu, actuellement sous présidence française, François Hollande a dit qu'il fallait "aller aussi loin que possible pour l'aide humanitaire, ce qui ne nous empêchera pas d'aider plus directement l'opposition".

Le successeur de Kofi Annan, le diplomate algérien Lakhdar Brahimi, devait se rendre jeudi au siège new-yorkais des Nations unies pour une semaine de consultations, alors que le général sénégalais Babacar Gaye, chef des observateurs militaires de l'Onu (Misnus), devait quitter Damas le même jour. Le mandat de la Misnus n'a pas été renouvelé.

Le défi qui attend le nouveau médiateur international est immense compte tenu des dissensions qui, au sein du Conseil de sécurité, empêchent pour le moment toute intervention militaire.

Le conflit touche également les pays voisins, notamment le Liban où des heurts sporadiques entre sunnites et alaouites ont éclaté pour le quatrième jour consécutif à Tripoli, dans le nord du pays, faisant au moins 13 morts cette semaine.

Des responsables diplomatiques, militaires et des services de renseignements turcs et américains se sont réunis jeudi à Ankara pour tenter d'obtenir la création d'une zone tampon dans le nord de la Syrie. Ils souhaitent aussi des mesures visant à empêcher les militants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, interdit) de tirer profit de l'insécurité régionale.

Agathe Machecourt et Baptiste Bouthier pour le service français, édité par Jean-Loup Fiévet

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  • nandfer le jeudi 23 aout 2012 à 20:51

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  • baljo le jeudi 23 aout 2012 à 19:49

    Énième confirmation que l’arrière pays nord d’Alep, vaste base rebelle limitrophe de la Turquie, est désormais attaquée quotidiennement par les forces gouvernementales, appuyée par des milices k.urdes. On peut penser qu’une fois Alep nettoyée complètement, cette région verra l’effort principal de l’armée.

  • baljo le jeudi 23 aout 2012 à 19:46

    L‘AFP, dont c’est sans doute la première fois qu’elle reconnait aussi nettement un succès des forces gouvernementales à Alep, explique cette attitude des chrétiens par l’attitude du clergé de cette communauté qui, redoutant une victoire des islamistes, « affiche depuis le début de la révolte son, soutien à Bachar al-Assad ». Un « scoop » à l’échelle de l‘AFP, une évidence ancienne pour les autres.

  • baljo le jeudi 23 aout 2012 à 19:42

    chronique rapide de la reconquête des quartiers d’Alep par l’armée syrienne, ces 22 et 23 août. Qu’on en retienne cependant la nouvelle, confirmée par l‘AFP ce 23 août, de la reprise par l’armée des quartiers centraux et chrétiens de Telal, al-Jdaideh (ou Jdeidé, à l’ouest de la vieille ville) et Slemaniyé (ou Sulaymaniyah ou Souleimanyeh, nord du centre-ville).