L'armée syrienne entre dans Daraya, l'exode s'accentue

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L'EXODE SE POURSUIT EN SYRIE
L'EXODE SE POURSUIT EN SYRIE

par Khaled Yacoub Oweis

AMMAN (Reuters) - L'armée syrienne est entrée vendredi dans le centre-ville de Daraya, dans la banlieue de Damas, faisant 21 morts, alors que les Nations unies estiment à quelque 200.000 le nombre de réfugiés qui ont fui la guerre civile.

Les soldats ont pénétré dans Daraya à l'issue de trois jours d'intenses combats, ont déclaré des insurgés.

Des centaines d'hommes et des dizaines de chars se sont déployés dans la rue d'Al Saoura alors que les rebelles se retiraient, ont déclaré des activistes à Reuters par téléphone. Les pilonnages de l'armée ont fait 21 morts lors de ce troisième jour d'assaut.

"De nombreux corps sont pris au piège sous les décombres et les civils tentent de fuir vers Damas", a précisé à Reuters un insurgé.

Les combats touchent également d'autres villes de banlieue abritant des classes moyennes telles que Qatana, Sbeineh, Qadam, Assali et Hajar al Assouad, selon l'opposition.

A Alep, capitale économique du pays, les affrontements se poursuivent, l'armée pilonnant les quartiers tenus par des rebelles durant la nuit.

"Les rebelles occupent des commissariats de police abandonnés et des hôpitaux mais l'armée sait exactement où ils se trouvent", a déclaré Abu Ahmed, un habitant d'un quartier frappé par les combats.

Les combats en Syrie, qui menacent la fragile stabilité du Proche-Orient, touchent notamment le nord du Liban. Au moins trois personnes ont été tuées mardi dans des combats entre sunnites et alaouites dans la ville de Tripoli, où les tensions entre ces deux communautés ont été ravivées par le conflit voisin.

EXODE MASSIF

Quelque 220 personnes ont été tuées jeudi en Syrie, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), basé à Londres et proche de l'opposition.

Ces bilans quotidiens sont devenus ordinaires avec l'intensification des combats par les forces loyalistes à Damas et à Alep, après l'explosion d'une bombe dans la capitale qui avait tué quatre membres de la garde rapprochée du président syrien le 18 juillet.

Environ 3.500 personnes se sont réfugiées en Turquie en 24 heures, ont annoncé vendredi les autorités turques, qui ont vu le nombre de Syriens franchir la frontière augmenter considérablement lors des deux mois passés. Cet afflux porte à entre 74.000 et 78.000 le nombre total de Syriens réfugiés en Turquie depuis le début du conflit en mars 2011.

"En Jordanie, un nombre record de 2.000 personnes ont franchi la frontière dans la nuit pour rejoindre le camp de Zaatari", a déclaré vendredi le porte-parole du Haut commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR).

La révolte de la population à majorité sunnite contre le président Bachar al Assad, de confession alaouite, et à laquelle il a répondu par la violence, a fait plus de 18.000 morts en dix-sept mois et 200.000 réfugiés, selon les Nations unies.

Côté diplomatique, Ankara, qui se dit incapable d'accueillir plus de 100.000 réfugiés, a suggéré aux Nations unies la création d'une "zone de sécurité" en Syrie.

Cette proposition, qui nécessiterait une intervention militaire et donc un mandat du Conseil de sécurité, n'a qu'une infime chance d'aboutir étant donné l'opposition de la Russie et de la Chine à toute intervention extérieure en Syrie.

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a par ailleurs convié la Turquie, l'Irak, le Liban et la Jordanie à participer à la réunion ministérielle du Conseil de sécurité de l'Onu convoquée au siège new-yorkais le 30 août pour discuter d'une réponse humanitaire à apporter aux Syriens.

Agathe Machecourt pour le service français, édité par Jean-Loup Fiévet

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