L'armée syrienne dit avoir découvert un charnier à Palmyre

le , mis à jour à 18:48
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    PALMYRE, Syrie, 2 avril (Reuters) - L'armée syrienne a 
découvert 45 corps dans une fosse commune à Palmyre, ville du 
centre du pays reprise dimanche aux djihadistes de l'Etat 
islamique (EI) qui y ont laissé des milliers de bombes et de 
mines, a-t-on appris samedi de sources militaires. 
    Les cadavres sont ceux de civils et de militaires faits 
prisonniers par l'organisation, a-t-on précisé, ajoutant 
qu'aucun autre charnier n'avait été localisé.  
    Selon l'agence de presse Sana, la fosse, qui se trouve dans 
le nord-est de la ville, renfermait surtout des corps de femmes 
et d'enfants, dont certains ont été décapités.  
    En mai, lorsque la ville est tombée aux mains de l'Etat 
islamique, la presse syrienne a fait état de 400 exécutions et 
l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), proche de 
l'opposition, a lui aussi parlé d'un massacre.  
    Selon un officier syrien interrogé par Reuters, les 
djihadistes ont piégé toute la ville et avaient l'intention de 
tout faire sauter après l'arrivée de l'armée. On ignore ce qui 
les en a empêché.  
    "Tous les bâtiments administratifs sont minés et reliés au 
quartier général de Daech (...) Il y a vraiment une énorme 
quantité de bombes", a déclaré l'officier, ajoutant que 3.000 
avaient déjà été détruites. Maamoun Abdelkarim, conservateur en 
chef des antiquités syriennes, avait lui aussi indiqué que l'EI 
voulait détruire une bonne partie de la cité antique, classée au 
patrimoine mondial de l'Unesco.  
    En août, les hommes de l'EI ont dynamité les temples de Bêl 
et de Baalchamine, ce que les Nations unies ont qualifié de 
crime de guerre. Le premier pourra être restauré, a estimé jeudi 
Maamoun Abdelkarim.   
    Des combats entre l'armée et l'EI se sont par ailleurs 
déroulés samedi à Qaryatain, localité située à l'ouest de 
Palmyre, rapporte l'OSDH. Des raids aériens russes et syriens 
ont été menés dans le même secteur ainsi que dans la région de 
Soukhna, à l'est de la cité antique, ajoute-t-il. 
       
 
 (Lisa Barrington; Tangi Salaün et Jean-Philippe Lefief pour le 
service français) 
 
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