L'armée syrienne cherche à renforcer sa mainmise sur Damas

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par Khaled Yacoub Oweis

AMMAN (Reuters) - L'armée syrienne a bombardé mercredi le sud de Damas à l'obus et à la roquette et tiré avec des mitrailleuses embarquées sur des hélicoptères pour tenter de renforcer la mainmise du président Bachar al Assad sur la capitale, rapportent des rebelles.

Une quarantaine de personnes ont été tuées, selon ces mêmes sources. Ce bombardement serait le plus important ce mois-ci.

"Tout Damas tremble au son des pilonnages", a déclaré une habitante de Kfar Souseh, un des quartiers frappés par l'offensive militaire lancée contre les rebelles.

Au moins 22 personnes y sont mortes, et 18 autres ont été tuées dans le quartier voisin de Nahr Eisha, selon des activistes de l'opposition.

Un journaliste proche de l'insurrection, Mossab al Odaallah, qui travaillait pour le journal gouvernemental Tichrine, a été tué par balle à bout portant à son domicile du quartier de Nahr Eicha lors d'une perquisition de l'armée.

L'information, donnée par des militants de l'opposition, n'a pas pu être confirmée de source indépendante.

Ce regain de violences coïncide avec le départ des observateurs de l'Onu dont la mission a échoué.

Environ 250 personnes, dont 171 civils, ont été tuées en Syrie mardi, surtout aux alentours de Damas, d'Alep, et dans la ville de Deraa, dans le Sud, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), basé à Londres et proche de l'opposition.

Les Nations unies estiment que le nombre de morts depuis le début de la révolte contre le président Bachar al Assad il y a dix-sept mois atteint désormais 18.000.

Environ 2.500 Syriens fuyant le conflit se sont par ailleurs réfugiés en Turquie au cours des dernières 24 heures, ont dit un responsable turc et des membres de l'opposition, portant à près de 70.000 le nombre de Syriens réfugiés dans ce pays.

MENACES

Les forces loyalistes ont reculé en plusieurs endroits mais ont intensifié les combats à Damas et à Alep, la capitale économique du pays.

L'armée syrienne se bat également pour conserver une base militaire et un aérodrome près d'Abu Kamal, dans l'est du pays non loin de la frontière irakienne. Les rebelles tiennent la ville, mais l'armée régulière contrôle les alentours, a déclaré à Reuters le maire d'une ville irakienne voisine.

Le conflit, qui oppose les rebelles, à majorité sunnite, au pouvoir appartenant à la minorité chiite alaouite, menace de faire tache d'huile, notamment au Liban, où une dizaine de personnes ont été tuées dans des heurts opposant ces deux communautés dans la ville de Tripoli.

Sur le plan diplomatique, les États-Unis et Israël disent s'inquiéter de l'usage que pourrait faire le pouvoir syrien des armes chimiques qu'il détient, et du fait qu'il puisse en perdre le contrôle. Barack Obama a menacé lundi d'"énormes conséquences" en cas d'utilisation ou même de déplacement par le président syrien d'armes chimiques.

Moscou, allié de la Syrie depuis des décennies, considère en revanche que le gouvernement syrien n'a pas l'intention d'utiliser ces armes et est capable de les défendre, peut-on lire dans le journal russe Kommersant, qui cite une source proche du ministre des Affaires étrangères.

La Russie, qui comme la Chine a utilisé son droit de veto au Conseil de sécurité de l'Onu afin d'empêcher une action en Syrie, a réagi en mettant les pays occidentaux en garde contre toute action unilatérale.

Oliver Holmes à Alep, Steve Gutterman à Moscou, Nazih Siddiq à Tripoli (Liban) et Tom Perry à Beyrouth,; Agathe Machecourt pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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