L'armée syrienne bombarde les positions rebelles à Alep

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LA BATAILLE D'ALEP SE POURSUIT
LA BATAILLE D'ALEP SE POURSUIT

par Hadeel Al Shalchi

ALEP, Syrie (Reuters) - L'armée syrienne, appuyée par des chars et un hélicoptère de combat, a poursuivi dimanche son offensive contre les positions rebelles à Alep, ville la plus peuplée et capitale économique de la Syrie.

La bataille d'Alep, que les médias pro-gouvernementaux présentent comme "la reine de toutes les batailles", pourrait décider de l'avenir de l'insurrection contre le président Bachar al Assad, qui a fait 18.000 morts en près de dix-sept mois.

Alors que les efforts diplomatiques marquent le pas et que l'envoyé spécial de l'Onu et de la Ligue arabe, Kofi Annan, a décidé de ne pas prolonger son mandat qui expire fin août, les forces pro-Assad semblent déterminées à écraser la rébellion à Alep et à Damas, où ils ont pilonné ces derniers jours le dernier quartier encore aux mains des insurgés.

Un correspondant de Reuters à Alep a fait état dimanche de violents combats de rues dans le quartier de Salaheddine, un point stratégique commandant l'entrée dans la ville.

Des chars ont bombardé les immeubles du quartier où les combattants rebelles tentent de se mettre à couvert.

La télévision publique syrienne a annoncé que les forces gouvernementales étaient en train de "nettoyer la pourriture terroriste" et de nombreux témoignages ont fait état d'un renforcement des unités pro-Assad dans la région.

Les rebelles disent s'attendre à une grande attaque "dans les prochains jours".

Salaheddine, jadis un quartier commerçant très fréquenté, est aujourd'hui une zone ravagée par les bombardements, dont les rues sont bloquées par les barricades et les gravats.

Des civils risquent leur vie pour aller au ravitaillement ou pour tenter de récupérer quelques biens chez eux, alors que les tirs font rage entre les deux camps.

"Je ne reconnais même plus ma rue", dit une femme en pleurs, Faouzia Oumm Ahmed.

MISE EN GARDE IRANIENNE

Samedi, les insurgés ont tenté de prendre le contrôle du quartier où se trouve le siège de la radio-télévision mais ont été repoussés. La télévision a parlé de lourdes pertes parmi les "terroristes".

Face à la violence, la communauté internationale reste profondément divisée sur les moyens de sortir de la crise.

L'Assemblée générale des Nations unies a massivement condamné le gouvernement syrien vendredi, lors d'une session spéciale et réclamé une transition politique.

Elle a adopté vendredi par 133 voix pour, 12 contre et 31 abstentions, un projet de résolution d'inspiration saoudienne exprimant une "grave préoccupation" devant l'escalade des violences et condamnant le Conseil de sécurité pour son inaction.

La Chine et la Russie, alliées fidèles du président syrien Bachar al Assad, ont comme prévu voté contre ce texte, qui n'a pas de valeur contraignante.

L'Iran a mis en garde contre toute intervention étrangère en Syrie. "L'incendie qui a été allumé en Syrie emportera avec lui les Israéliens", a déclaré dimanche le président du Parlement Ali Larijani à l'agence de presse Irna.

Israël est en train d'améliorer son système de défense antimissile Arrow II dans le cadre d'une "course technologique" soutenue par les Etats-Unis contre l'Iran, la Syrie et d'autres ennemis dans la région, a-t-on appris dimanche d'un haut responsable de la défense. (Voir: )

Téhéran accuse le Qatar, la Turquie et l'Arabie saoudite de soutenir les rebelles. "Qu'est-ce qui autorise ces pays à s'ingérer les affaires intérieures de la Syrie ?", s'est interrogé Larijani.

HILLARY CLINTON LE 11 AOUT A ISTANBUL

Les rebelles syriens ont revendiqué dimanche l'enlèvement la veille à Damas de 48 Iraniens, présentés par des pèlerins par Téhéran, dont ils vérifient les identités et entendent prouver qu'ils sont impliqués dans les combats contre l'opposition à Bachar al Assad.

L'Iran a demandé à la Turquie et au Qatar de l'aider à obtenir la libération des 48 otages, a rapporté Irna, mais la rébellion a dit n'être en contact avec aucun pays.

Côté opposition syrienne, le président du Conseil national syrien (CNS), Abdelbasset Sieda, s'est dit prêt à négocier avec des responsables du gouvernement syrien qui n'auraient pas "de sang sur les mains", une fois que le président Bachar al Assad et ses proches auraient quitté le pouvoir.

Interrogé par le journal panarabe Achark al Aoussat, le chef du CNS juge que la démission de l'émissaire Kofi Annan pourrait ouvrir la voie à une nouvelle initiative pour résoudre la crise syrienne.

"En ce qui nous concerne, les autorités ont perdu leur crédibilité et leur légitimité et nous l'avons dit sans détour à Moscou: que le dialogue avec ce régime n'est plus possible", déclare Abdelbasset Sieda.

"Bachar et sa bande doivent partir. Ce n'est qu'ensuite que nous entreprendrons des démarches pour négocier avec les autres responsables qui n'ont pas de sang syrien sur les mains et ne sont pas impliqués dans les grandes affaires de corruption."

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton se rendra à Istanbul le 11 août pour discuter de la Syrie avec le gouvernement turc, a fait savoir le département d'Etat.

Un convoi d'aide a quitté dimanche la ville palestinienne de Ramallah, en Cisjordanie, pour envoyer des vivres et des médicaments aux réfugiés palestiniens pris dans les combats en Syrie, a annoncé le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas. Les soixante camions doivent gagner Damas en traversant la Jordanie.

Avec Mariam Karouny à Beyrouth, Yeganeh Torbati à Dubai et Ben Blanchard à Pékin; Jean-Stéphane Brosse et Guy Kerivel pour le service français

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