L'armée nord-coréenne en état d'alerte

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L'ARMÉE NORD-CORÉENNE EN ÉTAT D'ALERTE
L'ARMÉE NORD-CORÉENNE EN ÉTAT D'ALERTE

par David Chance

SEOUL (Reuters) - Le numéro un nord-coréen Kim Jong-un a ordonné jeudi soir que les unités de fusées de l'armée soient placées en état d'alerte, prêtes à viser les bases américaines en Corée du Sud et dans le Pacifique, selon des informations diffusées par l'agence de presse nord-coréenne KCNA.

Dans la nuit, l'agence sud-coréenne Yonhap a rapporté que l'armée du Sud avait détecté une intensification des mouvements de véhicules et de troupes "sur les sites de missiles de longue et moyenne portée" unités de l'armée populaire de Corée du Nord.

"Il y a un état d'alerte en vigueur sur les unités de missile du Nord depuis le 26 février, donc il est possible qu'ils passent à l'acte", ajoute la source militaire citée par Yonhap.

A Pékin, le ministère chinois des Affaires étrangères a appelé toutes les parties impliquées dans le dossier coréen à relâcher les tensions. La paix et la stabilité sont dans l'intérêt commun de tous, a ajouté le porte-parole du ministère, Hong Lei.

L'état d'alerte a été officiellement proclamé par Pyongyang jeudi soir lors d'une réunion d'urgence convoquée à minuit.

Cette décision fait suite au survol du territoire sud-coréen lors d'un exercice par deux bombardiers furtifs de l'US Air Force, un geste de mise en garde de Washington après les déclarations belliqueuses du régime communiste nord-coréen.

Lors de la réunion avec des chefs militaires, Kim "a jugé que le temps était venu de régler les comptes avec les impérialistes américains, étant donné la situation actuelle", ajoute KCNA.

"Il a finalement signé un ordre sur les préparatifs techniques des fusées stratégiques de l'armée populaire, ordonnant qu'elles soient placées en alerte afin d'être en mesure de frapper à n'importe quel moment le continent américain, les bases militaires américaines sur les théâtres d'opération dans le Pacifique, notamment Hawaï et Guam, et les bases en Corée du Sud", poursuit l'agence.

Des clichés diffusé par KCNA montrent Kim Jong-un entouré d'officiers étudiant des documents. Une carte affichée au mur semble tracer les trajectoires de possibles frappes contre des bases américaines dans le Pacifique et sur le sol même des Etats-Unis.

PROVOCATION

Deux bombardiers B-2 américains venus directement des Etats-Unis ont survolé jeudi le territoire sud-coréen pour un exercice avant de regagner leurs bases du Missouri, soit une mission de près de 10.500 km, dans le cadre des exercices militaires communs avec la Corée du Sud à l'origine du regain de tension dans la péninsule.

"Les Nord-Coréens doivent comprendre que ce qu'ils font est très dangereux", a souligné au Pentagone le secrétaire américain à la Défense, Chuck Hagel. "Nous devons dire clairement que nous prenons très au sérieux les provocations de la Corée du Nord et que nous y répondrons."

Séoul a démenti vendredi que les exercices puissent être considérés comme une menace implicite envers Pyongyang. "Aucune entité sur terre ne lancera d'attaque contre la Corée du Nord ou n'a souhaité vouloir le faire", a déclaré une porte-parole du ministère sud-coréen de l'Unification.

En dépit de sa rhétorique belliqueuse, la Corée du Nord n'a pas fermé la zone économique mixte de Kaesong qui génère 2 milliards de dollars (1,5 milliard d'euros) de recettes annuelles.

Deng Yuwen, rédacteur en chef adjoint du Study Times, un quotidien publié par l'Ecole centrale du Parti communiste chinois, estime en outre qu'aucune partie n'a l'intention de déclencher une guerre qui verrait "les Américains piétiner Kim comme une fourmi et l'écraser".

Mais le risque s'est accru, ajoute-t-il. "On ne peut exclure le risque d'une erreur de tir, ce genre d'accident ne peut être écarté", dit-il.

La Corée du Nord possède un arsenal de missiles Scud de courte portée qui datent de l'ère soviétique. Ils sont susceptibles d'atteindre la Corée du Sud - Séoul n'est qu'à quarante kilomètres des premières bases de missile installées par le régime de Pyongyang au nord de la Zone démilitarisée (DMZ) - et ont été testés, contrairement à ses missiles de longue portée Nodong et Musudan qui peuvent en théorie atteindre les bases américaines dans le Pacifique mais n'ont pas été testés.

Le ministère de la Défense sud-coréen a annoncé vendredi qu'il surveillait de très près les unités de missiles Scud de courte portée ainsi que les batteries de missiles Nodong et Musudan.

Avec Jack Kim à Séoul et Phil Stewart à Washington; Guy Kerivel, Hélène Duvigneau et Henri-Pierre André pour le service français

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