L'armée malienne lance l'offensive contre le MNLA à Kidal

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OFFENSIVE DE L'ARMÉE MALIENNE À KIDAL CONTRE LE MNLA
OFFENSIVE DE L'ARMÉE MALIENNE À KIDAL CONTRE LE MNLA

par Adama Diarra et Tiemoko Diallo

BAMAKO (Reuters) - L'armée malienne a lancé mercredi une offensive pour reconquérir la ville de Kidal, place forte des séparatistes touaregs dans le nord du pays, où des témoins font état de combats intenses.

Des affrontements avaient éclaté samedi dernier à Kidal entre l'armée malienne et les séparatistes touaregs lors d'une visite du Premier ministre, Moussa Mara. Huit militaires et huit civils ont été tués.

Depuis, l'armée malienne a entrepris de renforcer ses positions à Kidal et dans la région et le lancement de l'offensive de reconquête semblait imminent.

"A environ 10h00 ce matin, les forces maliennes ont lancé des opérations pour sécuriser et prendre le contrôle de Kidal. Les opérations sont en cours", a annoncé le gouvernement dans un communiqué lu à la radio.

L'armée a donné l'assaut pour reprendre le siège de l'administration régionale à Kidal, aux mains des séparatistes du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) depuis le week-end dernier, explique-t-on au ministère de la Défense.

"Les combats se poursuivront jusqu'à ce que nous ayons entièrement libéré la ville", a-t-on ajouté.

Des porte-parole du ministère et de la force de l'Onu dans le pays, la Minusma, ont confirmé la reprise des combats mais n'ont pas voulu donner de précisions.

"Il ne s'agit pas seulement de tirs, ce sont des combats. Il y a eu des fusillades pendant une heure sans interruption", a déclaré un habitant de Kidal, Assikadaye Ag Warzagane, joint au téléphone.

Selon un témoin, le principal marché de la ville a été détruit.

SOLDATS FRANÇAIS EN RENFORT

Un responsable du MNLA à Kidal, Attaye Ag Mohamed, a accusé l'armée malienne d'avoir déclenché les combats et a appelé la mission de l'Onu et la communauté internationale à oeuvrer en faveur d'un cessez-le-feu.

"L'armée malienne a lancé une offensive, ouvrant le feu à l'arme lourde à 10h00 (10H00 GMT) ce matin. Des combats intenses à l'arme lourde et à la mitrailleuse ont lieu en ce moment même", a déclaré Attaye Ag Mohamed, également joint au téléphone. On pouvait entendre le bruit d'explosions au cours de la conversation.

L'état-major des armées françaises avait auparavant annoncé l'envoi d'une centaine de soldats supplémentaires au Mali après les violences du week-end à Kidal. L'effectif français de la force Serval passera donc de 1.600 à 1.700 hommes.

"La décision a été prise de prendre des éléments depuis Abidjan (Côte d'Ivoire) pour les basculer à Gao compte tenu de la période de tension", a déclaré à la presse le porte-parole des armées françaises, le colonel Gilles Jaron.

La France est intervenue militairement en janvier 2013 pour stopper puis repousser des combattants islamistes qui s'étaient emparés du nord du Mali après en avoir évincé leurs ex-alliés touaregs.

La France espérait pouvoir transférer environ 3.000 soldats du Mali vers d'autres bases du Sahel pour mener des opérations contre des groupes islamistes agissant aux confins de la Libye, du Tchad et du Niger.

Le regain de violence à Kidal l'en a dissuadé et l'armée française a décidé de décaler de quelques semaines la réorganisation son dispositif militaire dans la bande sahélo-saharienne.

(Avec Marine Pennetier à Paris et Bate Felix à Dakar, Pierre Sérisier et Mathilde Gardin pour le service français, édité par Danielle Rouquié)

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