L'armée malienne fait mouvement vers Gao

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LES FORCES MALIENNES SE RAPPROCHENT DE GAO
LES FORCES MALIENNES SE RAPPROCHENT DE GAO

par Richard Valdmanis et Tiémoko Diallo

SEGOU, Mali/BAMAKO (Reuters) - Deux semaines après le début de l'intervention militaire française, l'armée malienne faisait mouvement vendredi en direction de Gao, bastion des rebelles islamistes du Mali qui refluent apparemment des villes qu'ils ont conquises.

Les militaires maliens ont ainsi repris jeudi soir la localité de Hombori, distante d'environ 160 km de Gao, après d'incessants raids de bombardement de l'aviation de l'ancienne puissance coloniale.

Les autorités maliennes pensent que l'offensive contre Gao, située dans le Centre-Est, sur la boucle du fleuve Niger, pourrait intervenir dans les jours à venir. Gao, tout comme Tombouctou et Kidal, sont aux mains d'une alliance agrégée autour d'Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) qui a conquis les deux tiers du Mali au lendemain du coup d'Etat militaire du 22 mars 2012 à Bamako.

"Nos soldats, avec l'appui des forces françaises, sont entrées hier (jeudi) soir dans Hombori sans coup férir. Les islamistes avaient déserté l'agglomération", a raconté à Reuters un officier malien sous couvert de l'anonymat.

D'après la radio nationale, les habitants ont acclamé les militaires gouvernementaux à leur entrée dans Hombori.

Les responsables maliens ont fait état de raids aériens français, jeudi, contre des positions insurgées à Ansongo, à une centaine de kilomètres au sud de Gao, sur la route du Niger où des contingents nigérien et tchadien - les Tchadiens seraient 1.500 au Niger, d'après le ministère français de la Défense - se rassemblent pour participer à la reconquête du Mali.

Un officier malien ainsi que des habitants vivant dans une région située au sud de Gao ont rapporté que les rebelles islamistes avaient fait sauter un pont à Tassiga, au sud d'Ansongo, sur la route principale longeant le fleuve Niger et qui mène au pays du même nom.

Deux civils auraient été tués lorsque leur véhicule a emprunté l'ouvrage détruit.

SOMMET DE L'UA CE WEEK-END EN ÉTHIOPIE

Alors que les forces franco-maliennes progressent vers le Nord-Est à travers la savane le long du fleuve Niger, des centaines de troupes ouest-africaines - elles sont un millier au total au Mali, selon le ministère français de la Défense - se déploient derrière leurs lignes dans le cadre de la Mission internationale de soutien de Mali.

La Misma, qui agit conformément à un mandat du Conseil de sécurité de l'Onu, est commandée par un général nigérian. Sa mission est, comme l'opération militaire française Serval, de venir en appui de l'armée malienne pour reprendre le nord du pays.

Ce week-end se tiendra à Addis-Abeba un sommet de l'Union africaine qui débattra du financement de la Misma, dont les effectifs devraient dépasser 5.000 hommes issus de pays de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) plus le Tchad. La question de leur formation et de leur équipement, qui nourrit quelques doutes, sera également posée dans la capitale éthiopienne, siège de l'UA.

Paris compte déjà 2.500 soldats sur le terrain, un chiffre qui devrait atteindre 3.700 à en croire le ministère français de la Défense.

Malgré l'optimisme dont font désormais montre les chefs militaires maliens, les responsables français soulignent que leurs adversaires islamistes semblent bien équipés et entraînés et pourraient se lancer dans une guerre de guérilla plutôt que dans un conflit frontal classique.

Jeudi, une première fissure est apparue au sein de la coalition islamiste avec la création du Mouvement islamique armé (MIA), qui a fait scission d'Ansar Dine et se dit prêt à négocier avec le gouvernement malien.

Avec John Irish à Paris et David Lewis à Dakar; Jean-Loup Fiévet pour le service français

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