L'armée irakienne tente de reprendre Chirkat à l'EI

le , mis à jour à 16:05
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 (Actualisé avec préparatifs de l'EI à Mossoul, derniers §§) 
    par Ghazwan Hassan 
    TIKRIT, Irak, 20 septembre (Reuters) - Les forces irakiennes 
ont lancé mardi une opération visant à reprendre à l'Etat 
islamique la ville de Chirkat, dans le nord du pays, à une 
centaine de kilomètres au sud du principal fief des djihadistes, 
la grande ville de Mossoul. 
    Située au bord du Tigre, Chirkat est totalement encerclée 
par l'armée irakienne et par des milices chiites alliées au 
gouvernement de Bagdad et soutenues par l'Iran. 
    On évalue à plusieurs dizaines de milliers le nombre de 
civils pris au piège à l'intérieur de la ville. Les autorités 
préviennent depuis plusieurs mois de l'imminence d'une 
catastrophe humanitaire dans la ville, où la nourriture vient à 
manquer. 
    Les soldats irakiens, appuyés par la police et par des 
combattants de tribus sunnites, ont pris position mardi le long 
de cinq axes et ont progressé à l'intérieur de cinq localités, 
mais à la mi-journée, ils se trouvaient toujours à 13 km du 
centre de Chirkat, a dit le maire de la ville et une source au 
sein du Commandement des opérations de Salahoudine, qui 
supervise les mouvements de troupes dans la région. 
    Les militaires disent avoir rencontré peu de résistance 
jusqu'à présent, si ce n'est des bombes posées le long des 
routes. Les forces de sécurité ont neutralisé plusieurs 
"snipers" et désactivé des voitures piégées, ont rapporté les 
médias irakiens. 
    Les forces irakiennes ont dans le même temps entrepris de 
reprendre deux zones d'une autre province, Anbar, a déclaré le 
Premier ministre irakien, Haïdar al Abadi. 
    "Ces opérations préparent le nettoyage de chaque centimètre 
du territoire irakien et, si Dieu le veut, elles finiront par la 
libération de la ville de Mossoul (...), la libération de toutes 
les terres irakiennes et la fin de Daech", a déclaré le chef du 
gouvernement, présent à New York pour l'Assemblée générale des 
Nations unies. 
     
    MOSSOUL TRANSFORMÉE EN FORTERESSE 
    Haïdar al Abadi a promis de reprendre Mossoul, où l'EI a 
proclamé son "califat" en 2014, d'ici la fin de l'année, et des 
commandants militaires ont évoqué un début des opérations dès la 
seconde quinzaine d'octobre. 
    Le président américain, Barack Obama, qui a rencontré lundi 
Haïdar al Abadi à New York, a dit espérer un progrès des 
opérations de Mossoul face à l'EI d'ici la fin de l'année. 
    Pour se préparer à cette offensive, les djihadistes ont 
creusé une tranchée autour de la ville, érigé des murs en béton 
autour de certains quartiers et creusé un réseau de tunnels qui 
leur servira à s'abriter des bombardements aériens et à lancer 
des attaques, ont rapporté des habitants. 
    D'après ces habitants et des responsables municipaux qui ont 
fui Mossoul, la tranchée fait deux mètres de profondeur et de 
large et des réservoirs de pétrole ont été placés à proximité 
pour créer une rivière de feu destinée à ralentir la progression 
des troupes au sol et à entraver la surveillance aérienne. 
    "Les tranchées, les tunnels et les kamikazes ne sauveront 
pas Daech de la défaite mais ils rendront la bataille encore 
plus difficile", a commenté Sabah al Noumani, porte-parole des 
forces antiterroristes irakiennes. "Nous pensons que les 
combattants de Daech vont se battre jusqu'au dernier pour 
conserver Mossoul." 
    En creusant la tranchée, l'EI s'est néanmoins laissé un 
passage ouvert vers l'ouest et la Syrie dans le cas où il 
déciderait finalement d'abandonner la ville, ont dit les 
habitants. 
    Sur des photos montrées par ces habitants à Reuters, on voit 
des blocs de béton érigés au travers des grands axes de Mossoul. 
Des camions transportant des blocs similaires ont été vus au 
début du mois prenant la direction de l'aéroport situé dans les 
faubourgs sud de la ville. 
    Les djihadistes "veulent rendre l'aéroport inutilisable", a 
dit un colonel de l'armée irakienne, Mohamed Adnan al Taïe, 
précisant qu'ils avaient utilisé une tactique similaire avant de 
fuir la base aérienne de Kayyara, à 60 km au sud de Mossoul. 
    Des travaux auxquels participe l'armée américaine ont été 
entrepris pour remettre les pistes de la base en état afin de 
s'en servir comme plate-forme logistique pendant l'offensive à 
venir contre Mossoul. 
 
 (Avec Stephen Kalin et Ahmed Rasheed; Julie Carriat, Eric Faye 
et Tangi Salaün pour le service français) 
 
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