L'armée irakienne progresse au sud de Tikrit

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BAGDAD, 6 mars (Reuters) - L'armée irakienne et ses milices alliées ont annoncé avoir pénétré vendredi dans la ville d'Al Dour, à la périphérie sud de Tikrit, bastion du groupe Etat islamique (EI) et principal objectif de leur vaste offensive lancée en début de semaine. L'état-major irakien a déclaré qu'Al Dour avait été reprise aux djihadistes mais d'autres sources militaires indiquent que les soldats ne sont entrés que dans le sud et l'est de cette ville truffée de bombes artisanales dissimulées par l'EI. Selon Hadi al Amiri, chef de la plus grande milice chiite participant à l'offensive, Al Dour a été "totalement libérée" et les troupes gouvernementales et leurs alliées préparent désormais un assaut contre Al Alam, une autre localité stratégique située au nord de Tikrit. L'offensive sur Tikrit, ville à proximité de laquelle est né l'ancien président Saddam Hussein, est devenue un enjeu symbolique pour les deux camps. Les autorités ont ainsi annoncé vendredi la prise d'une ferme à l'est de Tikrit qui appartenait à l'ancien adjoint de Saddam Hussein Izzat Ibrahim al Douri, désormais allié à l'Etat islamique. Douri, roi de trèfle sur un jeu de cartes du Pentagone symbolisant le cercle rapproché de Saddam Hussein et diffusé après l'invasion de l'Irak par les Etats-Unis en 2003, est le seul ancien proche de Saddam Hussein encore en fuite. Tikrit est la première grande ville d'Irak que les forces gouvernementales irakiennes et les milices chiites tentent de reconquérir depuis la capture par l'EI de vastes territoires dans le nord et l'ouest du pays l'an dernier. Leur progression est lente en raison des bombes placées par l'EI et de la présence de tireurs embusqués. "Il y a des zones que nous avons libérées mais nous devons y déployer des forces pour empêcher les insurgés de revenir", a déclaré un officier présent au centre de commandement de l'offensive, installé à Samarra, au sud de Tikrit. "C'est une réorganisation, pas une halte." Des habitants de Tikrit ont déjà fui la ville, redoutant davantage les milices chiites que l'Etat islamique, qui est sunnite. Cette crainte se nourrit d'appels à la vengeance lancés par les miliciens pour la mort de centaines de soldats irakiens de confession chiite lors de l'attaque de la base de Camp Speicher, à la périphérie de Tikrit, en juin 2014 par le groupe djihadiste. L'ayatollah Ali Sistani, principale autorité chiite d'Irak, a lancé une mise en garde contre tout acte de représailles à l'encontre de populations civiles. (Saif Hameed, Dominic Evans; Jean-Stéphane Brosse pour le service français, édité par Tangi Salaün)

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