L'armée irakienne poursuit son offensive à Falloudja

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 (Actualisé avec parlementaire, § 8-9) 
    par Saif Hameed 
    BAGDAD, 24 mai (Reuters) - Les forces irakiennes ont 
poursuivi mardi leur offensive contre la ville de Falloudja, 
tenue par l'Etat islamique depuis janvier 2014, bombardant des 
cibles de l'organisation djihadiste. 
    Au deuxième jour de l'opération, l'Onu et le Comité 
international de la Croix-Rouge s'inquiètent pour le sort de la 
population. Située à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest de 
Bagdad, la ville compterait encore 100.000 habitants, trois fois 
moins qu'avant l'irruption de l'EI. 
    Contactés par internet, des habitants ont signalé mardi de 
bombardements sporadiques dans le centre-ville. "Personne ne 
peut partir, c'est dangereux. Il y a des tireurs embusqués 
partout le long des routes qui permettent de sortir", a dit l'un 
d'eux. Mais les témoignages recueillis font état de 
bombardements moins intenses que la veille. 
    L'armée irakienne, qui bénéficie d'un appui aérien de la 
coalition internationale mise en place par les Etats-Unis contre 
l'EI, affirme avoir délogé dans la nuit de lundi à mardi des 
combattants djihadistes de Garma, un village situé à l'est de la 
ville. 
    Mardi à la mi-journée, les militaires et le personnel de 
l'hôpital principal de Falloudja n'avaient recensé aucune 
victime. Le bilan de la veille, établi de source médicale, est 
de huit civils et trois combattants tués. S'y ajoutent 25 
blessés, dont 20 civils. 
    Selon le Premier ministre irakien, Haïdar al Abadi, les 
forces armées irakiennes ont "reçu instruction de préserver les 
vies des habitants de Falloudja et de protéger les biens publics 
et privés". Abadi, qui s'exprimait à la télévision en marge 
d'une visite au centre de commandement des opérations, près de 
Falloudja, a recommandé aux habitants de la ville qui ne peuvent 
s'enfuir de "rester chez eux et de ne pas en bouger". 
    Le déclenchement de l'offensive sur Falloudja a été ordonné 
dans la nuit de dimanche à lundi par Abadi en dépit des craintes 
que ce nouveau front ne réduise les moyens à disposition des 
autorités irakiennes pour reprendre Mossoul, la grande ville du 
Nord prise par l'EI en juin 2014 et devenue la capitale du 
"califat" proclamé par l'organisation sur les vastes territoires 
sous son contrôle en Irak et en Syrie. 
    En revanche, l'offensive est sans doute une réponse à la 
vague d'attentats qui ont fait plus de 150 morts en une semaine 
à Bagdad. La capitale irakienne n'avait pas subi d'attaques 
aussi meurtrières depuis le début de l'année.  
    "Selon les services de renseignement, la résurgence récente 
de l'EI à Bagdad est liée à des cellules dormantes originaires 
de Falloudja", a expliqué Mouaffak al Roubaïé, ancien conseiller 
national à la sécurité aujourd'hui élu au Parlement. "Falloudja 
est trop proche de Bagdad", a-t-il ajouté. 
    L'armée américaine estime qu'il y aurait entre 500 et 700 
combattants djihadistes dans Falloudja. 
 
 (Henri-Pierre André pour le service français) 
 
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