L'armée irakienne lance une opération sur Tikrit

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L'ARMÉE IRAKIENNE LANCE UNE OPÉRATION SUR LA VILLE DE TIKRIT, AUX MAINS DES INSURGÉS
L'ARMÉE IRAKIENNE LANCE UNE OPÉRATION SUR LA VILLE DE TIKRIT, AUX MAINS DES INSURGÉS

par Oliver Holmes et Isabel Coles

BAGDAD (Reuters) - L'armée irakienne a lancé jeudi une opération héliportée contre les insurgés sunnites qui contrôlent Tikrit, l'ancien fief de Saddam Hussein conquis il y a deux semaines par les djihadistes de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL).

Le processus de formation d'un nouveau gouvernement susceptible de faire front face à l'insurrection a parallèlement été lancé, la présidence irakienne ayant convoqué le Parlement en session inaugurale le 1er juillet, ce qui déclenche formellement la procédure de mise en place d'un nouveau cabinet.

Trois hélicoptères de l'armée ont été visés par les insurgés alors qu'ils survolaient à basse altitude Tikrit, au nord de Bagdad, et se sont posés sur un stade universitaire, a dit un responsable de la sécurité sur place.

Des témoins ont fait état de violents combats autour du complexe universitaire de la ville conquise par l'EIIL le 12 juin, au troisième jour d'une offensive éclair qui a permis aux djihadistes et à leurs alliés de s'emparer de la plupart des régions sunnites du pays.

Le gouvernement irakien n'a pas répondu aux sollicitations et les médias de Bagdad n'ont pas évoqué l'information.

"J'ai vu un hélicoptère se poser du côté opposé du campus et des combats entre des dizaines de militants et les forces gouvernementales", a déclaré Ahmed al Djubbour, professeur au département d'agriculture de l'université de Tikrit.

Ahmed al Djubbour a dit qu'un hélicoptère était reparti après avoir débarqué des troupes, qu'un autre était toujours sur place et qu'un troisième s'était écrasé sur le stade. Il a ajouté que des tireurs embusqués de l'armée avaient pris position sur les bâtiments les plus élevés du campus.

MALIKI REFUSE UN GOUVERNEMENT DE SALUT NATIONAL

Jeudi matin, les djihadistes ont également attaqué la ville de Mansouriyat al Djabal, qui abrite quatre gisements gaziers au nord de Bagdad, dans la province de Diyala. Mais le ministère du Pétrole dément que les gisements soient passés aux mains des rebelles.

La BBC a corrigé la traduction d'une interview de Nouri al Maliki dans lequel ce dernier confirmait des frappes récentes de l'aviation syrienne en territoire irakien, rapportées cette semaine par des témoins.

Le Premier ministre irakien a bien parlé de bombardements syriens de positions djihadistes sur la ville frontalière d'Al Kaïm cette semaine, mais en territoire syrien, a précisé la radio-télévision britannique.

Nouri al Maliki a précisé ne pas avoir sollicité cette intervention mais a salué tout "coup" porté contre les djihadistes de l'EIIL dont l'objectif est d'établir un califat en Syrie et en Irak. Le Premier ministre chiite a par ailleurs rejeté les appels, émanant de personnalités politiques ou religieuses sunnites, certaines soutenant les insurgés, à la formation d'un gouvernement de salut national.

Celui-ci ne tiendrait pas compte des résultats des élections législatives du 30 avril, remportées par le parti Etat de droit de Maliki, sans majorité suffisante pour gouverner sans alliés.

SADR APPELLE À LA MOBILISATION

Les Etats-Unis réclament que le futur gouvernement représente les diverses communautés du pays alors que Nouri al Maliki est accusé par ses détracteurs d'avoir marginalisé la minorité sunnite, contribuant ainsi à l'insurrection de l'EIIL.

A compter du 1er juillet, le Parlement aura 30 jours pour nommer un président et 15 jours supplémentaires pour désigner un Premier ministre. En théorie, car il avait fallu neuf mois en 2010 pour former un nouveau gouvernement.

L'imam chiite Moktada al Sadr, un adversaire de Maliki, a réclamé mercredi la formation d'un gouvernement "avec des personnalités de tous bords, sans quotas religieux".

Moktada al Sadr, chef de l'Armée du Mahdi, une milice chiite qui fut à la pointe des combats contre l'occupant américain au milieu des années 2000, a dans le même temps exhorté les Irakiens à se rassembler derrière l'armée. Dans un sermon prononcé mercredi soir, il a appelé à la mobilisation contre "l'ignorance et le radicalisme".

L'Iran, qui arme et entraîne certaines milices chiites irakiennes, a promis d'intervenir si les sanctuaires chiites sont menacés par les djihadistes. Des milliers de musulmans indiens se sont également portés volontaires pour défendre si nécessaire les lieux saints du chiisme.

Une bombe a explosé dans le quartier chiite de Kadhamiya, dans le nord de Bagdad, faisant huit morts, selon des sources médicales et policières.

(Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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