L'armée française entame le désarmement des milices à Bangui

le
0
DÉBUT À BANGUI DU DÉSARMEMENT DES MILICES PAR LES SOLDATS FRANÇAIS
DÉBUT À BANGUI DU DÉSARMEMENT DES MILICES PAR LES SOLDATS FRANÇAIS

par Emmanuel Braun

BANGUI (Reuters) - Les soldats français de l'opération Sangaris ont commencé lundi à désarmer les miliciens musulmans et chrétiens à Bangui, la capitale centrafricaine où des affrontements ont fait plus de 450 morts depuis jeudi dernier.

Dans la matinée, un bref échange de tirs a opposé près de l'aéroport les forces françaises à des miliciens musulmans de la Séléka, la coalition d'ex-rebelles qui a pris le pouvoir en mars dernier et chassé le président François Bozizé.

Les hommes de la Séléka refusaient de rendre leurs armes malgré les injonctions des Français et les tirs ont duré moins de dix minutes, a-t-on précisé de source militaire française.

Avec le feu vert de l'Onu, la France a porté durant le week-end à 1.600 hommes ses effectifs en Centrafrique pour mettre fin aux affrontements interreligieux et prêter main forte à la force de paix africaine sur place.

Cette force africaine doit être elle-même portée de 2.500 à 6.000 hommes.

Depuis jeudi, au moins 459 personnes ont été tuées dans la capitale centrafricaine, selon la Croix-Rouge.

A Paris, l'état-major des forces armées françaises a fait savoir que les opérations de désarmement des milices se passaient globalement bien.

Dans la zone du PK-12 (Point kilométrique 12), dans le nord de la capitale centrafricaine, les éléments armés n'ont opposé aucune résistance à l'arrivée des troupes françaises, a dit à Reuters le colonel Gilles Jaron.

Ceux qui ont refusé d'être désarmés ont été remis à la force d'Afrique centrale, la Fomac, avec laquelle la France "collabore étroitement", a-t-il précisé.

"PLUS D'IMPUNITÉ"

Dimanche, l'armée française avait fait état d'une "tension assez palpable" au contact des groupes armés à Bangui. Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, avait prévenu que la "période d'impunité était terminée".

L'arrivée des soldats français a été saluée avec soulagement par la majorité de la population de la capitale.

"Hier on ne pouvait même pas sortir de chez nous et traverser la rue", a déclaré une habitante, Armelle. "Grâce à Dieu, les Français sont arrivés!"

Alors que la ville était survoléee par des avions et des hélicoptères français, les habitants, cloîtrés chez eux depuis plusieurs jours, sont sortis dans les rues et des magasins ont commencé à rouvrir.

Les Nations unies ont fait état de 72.000 personnes déplacées, dont certaines ont trouvé refuge près de l'aéroport où sont basés les soldats français et africains.

"Il y a encore des violences dans certains quartiers, et toujours des morts", a toutefois déclaré Amy Martin, responsable du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'Onu (BCAH) à Bangui. "Pour l'instant, nous n'avons pas l'impression que les gens soient prêts à rentrer chez eux."

A Bossangoa, à 300 km au nord de Bangui, le bilan des affrontements entre miliciens chrétiens et musulmans s'est alourdi à 38 morts, a rapporté un travailleur humanitaire.

A Bozoum, dans le nord-ouest du pays, des responsables des Nations unies font état de dizaines de morts. On fait également état de violences dans la ville de Bocaranga, près de Bozoum.

Le bilan des combats devrait encore s'alourdir car de nombreux décès n'ont pas encore été signalés aux autorités ou à la Croix-Rouge, a souligné à Bangui Joanna Mariner, d'Amnesty International.

Avec Marine Pennetier, Joe Bavier et Bate Felix; Guy Kerivel pour le service français

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant