L'armée égyptienne a retrouvé des débris de l'A320 d'EgyptAir

le
0
    * Un satellite européen a repéré une nappe de carburant 
    * Recherches à 290 km environ au nord d'Alexandrie 
    * Les familles reçues ce samedi au Quai d'Orsay 
    * Pas de revendication, 48 heures après le crash 
    * Des détecteurs de fumée se seraient activés à bord 
 
    par Ahmed Aboulenein 
    LE CAIRE/ATHENES, 21 mai (Reuters) - La marine égyptienne a 
découvert des restes humains et des débris d'avion dans la zone 
de Méditerranée orientale où le vol MS804 de la compagnie 
EgyptAir a disparu dans la nuit de mercredi à jeudi avec 66 
passagers à son bord, ont annoncé vendredi les autorités 
égyptiennes. 
    "La marine égyptienne a pu récupérer de nouveaux débris de 
l'avion, certaines affaires appartenant à des passagers ainsi 
que des restes humains et des fauteuils d'avion", a précisé le 
ministère de l'Aviation civile dans un communiqué diffusé en fin 
d'après-midi. 
    Le président égyptien, Abdel Fattah al Sissi, a présenté ses 
condoléances aux familles des victimes, manière de reconnaître 
le décès des occupants de l'appareil, même si l'on ignore pour 
quelle raison il s'est abîmé en mer. 
    L'Airbus A320 de la compagnie égyptienne assurait la liaison 
Paris-Le Caire. A ce stade de l'enquête, aucune piste n'est 
privilégiée ni écartée même si un ministre égyptien a déclaré 
que cette catastrophe pourrait être due à un acte terroriste 
plus qu'à une défaillance technique. 
    Les débris ont été découverts à 290 km au nord de la ville 
côtière d'Alexandrie. La marine égyptienne mène des recherches 
dans un rayon de 65 kilomètres afin de retrouver les 
enregistreurs de données de vol. 
    Si certains responsables ont évoqué la piste du terrorisme 
djihadiste, sept mois après l'attentat à la bombe qui a coûté la 
vie aux 224 passagers et membres d'équipage d'un avion russe de 
la compagnie Metrojet qui venait de décoller d'Egypte, aucune 
revendication n'a été formulée près de 48 heures après la 
disparition du vol MS804 d'EgyptAir. 
    Si des débris ont été localisés, le gros de l'épave n'a pas 
été repéré et l'on ignore où se trouvent les enregistreurs de 
vol (boîtes noires) qui pourraient fournir de précieux indice 
pour déterminer la cause de la catastrophe. 
     
    DÉTECTEURS DE FUMÉE ACTIVÉS 
    Un satellite européen a localisé une nappe de carburant de 
deux kilomètres de long en Méditerranée, à une quarantaine de 
kilomètres de la dernière position connue de l'appareil, a 
annoncé l'ESA (Agence spatiale européenne). 
    Selon des responsables américains, l'examen des diverses 
images satellites n'a pas fourni pour le moment d'élément 
permettant de parler d'une explosion de l'A320 d'EgyptAir, à 
bord duquel se trouvaient 56 passagers, sept membres d'équipage 
et trois agents de sécurité. Parmi les passagers - dont deux 
bébés et un enfant - figuraient 30 Égyptiens, 15 Français, et 
des ressortissants de dix autres pays.  
    Le Premier ministre égyptien, Chérif Ismaïl, a déclaré jeudi 
qu'il était trop tôt pour avancer la moindre explication, y 
compris celle d'un attentat comparable à celui d'octobre dernier 
contre l'avion russe. Son ministre de l'Aviation civile, Chérif 
Fathi, a estimé néanmoins que l'hypothèse d'un acte terroriste 
était plus probable que celle d'une défaillance technique. 
    "Toutes les hypothèses sont examinées mais aucune n'est 
privilégiée car nous n'avons absolument aucune indication sur 
les causes", a dit de son côté le ministre français des Affaires 
étrangères, Jean-Marc Ayrault, vendredi matin sur France 2.  
    S'appuyant sur des données de vol, la chaîne CNN a rapporté 
vendredi que les détecteurs de fumée s'étaient activés quelques 
minutes avant le crash de l'A320 d'EgyptAir. Un responsable 
américain a toutefois qualifié cette information de rumeur non 
confirmée. 
    CNN dit avoir obtenu ces données grâce à une capture d'écran 
fournie par une source égyptienne et explique qu'elles 
proviennent du système embarqué de communications, d'adressage 
et de compte rendu (ACARS) qui adresse régulièrement des données 
de vol de l'appareil à sa compagnie exploitante. 
     
    PERTURBATION, VIRAGES INEXPLIQUÉS 
    Trois inspecteurs français du Bureau enquêtes et analyse de 
l'aviation civile (BEA) et un expert d'Airbus sont arrivés en 
début de journée vendredi au Caire pour coopérer avec les 
enquêteurs égyptiens, a-t-on appris de sources aéroportuaires. 
    Paris a affecté aux recherches un Falcon 50 de 
reconnaissance jusqu'alors assigné à la mission européenne de 
lutte contre le trafic illicite de migrants en Méditerranée. La 
marine française devait également envoyer un avion plus grand, 
un Atlantique 2, et un navire de patrouille. 
    Deux responsables américains ont déclaré à Reuters qu'un 
capteur électronique avait décelé un certain type de 
perturbation en-dehors de l'appareil, au moment où, d'après les 
enquêteurs, il a commencé à perdre de l'altitude. 
    Cette perturbation pourrait avoir été provoquée par une 
dislocation soudaine et rapide de l'avion, mais pourrait avoir 
aussi été engendré par une défaillance mécanique ou par un 
accident, voire par une explosion ou une attaque, ont ajouté ces 
deux responsables, sous le sceau de l'anonymat. 
    Le ministre grec de la Défense, Panos Kammenos, a expliqué 
jeudi que l'appareil avait viré de 90° vers la gauche, puis 
effectué une rotation complète et plongé, passant alors de 
37.000 pieds d'altitude à 15.000 (de 11.470 à 4.650 mètres), 
avant de disparaître des écrans radar grecs, sans que rien ne 
puisse expliquer dans l'immédiat ces changements de cap. 
    Les contrôleurs aériens grecs ont parlé au pilote alors que 
l'appareil survolait l'île de Kea, et aucun problème n'a alors 
été signalé. Ensuite, alors que le relais devait être passé peu 
après aux contrôleurs aériens égyptiens, les derniers appels des 
Grecs sont restés sans réponse.  
    En France, Jean-Marc Ayrault a précisé qu'il recevrait ce 
samedi au Quai d'Orsay les représentants de familles de 
victimes, les ambassadeurs des pays concernés et des membres des 
services participant à l'enquête. 
 
 (avec Lincoln Feast, Peter Graff et Kevin Liffey; Emmanuel 
Jarry, Marc Angrand, Jean-Philippe Lefief et Eric Faye pour le 
service français) 
 

Valeurs associées
  Libellé Bourse Dernier Var. Vol.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant