L'argument féministe de Clinton ne convainc pas les électrices du New Hampshire

le
0
    par Amanda Becker 
    MANCHESTER, New Hampshire, 10 février (Reuters) - Devenir la 
première femme présidente des Etats-Unis est une pièce maîtresse 
de l'argumentaire électoral d'Hillary Clinton, mais sa défaite 
mardi face à Bernie Sanders dans la primaire démocrate du New 
Hampshire s'explique en partie parce qu'une majorité de femmes 
lui ont préféré le sénateur du Vermont. 
    D'après les sondages sortie des urnes diffusés par NBC News 
et ABC News sur les explications de vote, seules 44% des femmes 
ont choisi l'ex-secrétaire d'Etat quand 55% optaient pour 
Sanders.  
    Le déséquilibre est encore plus marqué auprès de l'électorat 
féminin jeune. Si les femmes âgées de 45 ans et plus ont 
majoritairement voté pour Clinton (56%), Sanders a obtenu les 
voix de 69% des femmes de moins de 45 ans. Auprès des femmes de 
moins de trente ans, son succès est sans appel (82%). 
    "Je sais qu'il me reste du travail à faire, en particulier 
auprès des jeunes. Même s'ils ne me soutiennent pas pour le 
moment, moi, je les soutiens", a reconnu Hillary Clinton dans 
son discours post-primaire. 
    Pourtant, à l'inverse de Barack Obama qui avait veillé en 
2008 à ne pas mettre en avant ses racines afro-américaines dans 
sa conquête de la Maison blanche, l'ex-First Lady insiste elle 
sur la portée symbolique qu'aurait pour la cause des femmes sa 
victoire le 8 novembre prochain. 
    Son objectif, dit-elle, est de briser "le plafond de verre 
le plus résistant et le plus élevé". 
     
    "VOTER POUR UNE FEMME PARCE QUE JE SUIS UNE FEMME ?" 
    Tout au long de sa campagne dans le New Hampshire, le sujet 
a été mis en avant par la candidate ou par ses partisans. 
Plusieurs sénatrices mais aussi la gouverneur du New Hampshire, 
Maggie Hassan, et Lilly Ledbetter, ancienne cadre de l'industrie 
qui a donné son nom à une loi pour l'égalité salariale entre les 
hommes et les femmes, ont sillonné l'Etat pour appeler à voter 
Clinton. 
    Samedi, Madeleine Albright, qui dirigeait la diplomatie 
américaine sous la présidence de Bill Clinton, a fait le 
déplacement et repris une de ses phrases choc: "Une place 
spéciale est réservée en enfer aux femmes qui ne s'entraident 
pas." 
    Mais cette thématique peut se révéler dangereuse, comme 
lorsqu'une icône féministe, Gloria Steinem, assure que les 
jeunes femmes préfèrent se rendre aux meetings de Sanders parce 
que c'est là que se trouvent aussi les jeunes hommes. 
    "Sexisme !", réplique Paige Lambert, 23 ans, une volontaire 
des équipes électorales de Sanders dans le New Hampshire. "Je ne 
pense pas qu'il faudrait que je vote pour une femme parce que je 
suis une femme", explique-t-elle. "Si j'avais pensé qu'elle 
était plus compétente, j'aurais voté pour elle. Mais je ne vais 
certainement pas voter pour elle parce qu'elle est une femme." 
    Rencontrée à Manchester, New Hampshire, Amanda Coleman, 26 
ans, explique elle aussi que le vote n'a rien à voir avec les 
questions de genre, mais avec les programmes et les 
propositions. 
    Sanders, qui se revendique d'un socialisme démocratique, a 
pour sa part galvanisé ses partisans en appelant à une meilleure 
distribution des richesses et un accès gratuit à l'éducation et 
à la santé. 
     
    VOIR AUSSI  
    Le POINT sur les primaires:  ID:nL8N15G1ZD  
    Graphique, en anglais, sur les primaires:  
    http://tmsnrt.rs/1QHZulM         
 
 (Henri-Pierre André pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant