L'Argentine propose un échange de dette à ses créanciers

le
2
CRISTINA FERNANDEZ PROPOSE UN ÉCHANGE DE DETTE AUX CRÉANCIERS INTERNATIONAUX DE L'ARGENTINE
CRISTINA FERNANDEZ PROPOSE UN ÉCHANGE DE DETTE AUX CRÉANCIERS INTERNATIONAUX DE L'ARGENTINE

par Alejandro Lifschitz et Brad Haynes

BUENOS AIRES (Reuters) - Le gouvernement argentin propose un échange de dette volontaire à ses créanciers internationaux qui conduirait à ce que les sommes dues leur soient payées dans le pays si sa condamnation en appel par la justice américaine, à rembourser plus d'un milliard de dollars à des prêteurs réfractaires, ne peut pas être annulée.

La présidente argentine Cristina Fernandez a proposé cet échange lundi soir au cours d'une allocution télévisée.

Il permettrait selon elle à l'Argentine de continuer à honorer ses engagements vis-à-vis des créditeurs qui avaient accepté la restructuration de sa dette lorsque le pays avait fait défaut sur un montant record de 100 milliards de dollars d'emprunts souverains en 2002.

Les investisseurs internationaux auraient la possibilité d'échanger les emprunts qu'ils détiennent contre des emprunts de droit argentin si les appels introduits contre la récente décision de la justice américaine étaient rejetés, a déclaré à Reuters une source gouvernementale qui a requis l'anonymat.

Un tribunal new-yorkais a confirmé vendredi la condamnation de l'Etat argentin à rembourser 1,33 milliard de dollars (994 millions d'euros) à des fonds spéculatifs qui avaient refusé de lourdes décotes lors de la restructuration de sa dette.

Si l'Argentine refuse d'effectuer ce remboursement, la décision de la justice américaine prévoit la possibilité de bloquer les paiements à l'étranger pour les 93% de créanciers obligataires qui avaient accepté les restructurations de dette de 2005 et 2010 qui se traduites par une décote de plus de 70%.

En appelant directement à la Cour suprême américaine, Cristina Fernandez lui a demandé d'annuler la décision prononcée vendredi, faisant valoir qu'elle est de nature à fragiliser toutes les opérations de restructuration de dettes à l'avenir.

Elle a aussi proposé une troisième restructuration de la dette sur laquelle le pays a fait défaut pour les créanciers réfractaires sur la base des conditions de 2010.

RÉTICENCE

Ce ton plus conciliant contraste avec les attaques passées contre les "fonds vautours" qu'elle accusait de vouloir provoquer la faillite du pays. Cette attitude de défiance avait irrité les juges américains qui reprochaient à l'Argentine son manque de bonne foi dans les négociations avec ses créanciers.

Cristina Fernandez a toutefois insisté sur le fait que son gouvernement respectait ses engagements et a rejeté les termes employés par l'un des juges américains qualifiant l'Argentine de "débiteur récalcitrant sans équivalent".

Dans le cadre des restructurations de 2005 et 29010, l'Argentine avait émis de obligations internationales de droit américain, britannique et japonais.

La proposition d'un échange contre des obligations de droit argentin risque de soulever des réticences en raison notamment du contrôle des changes et des capitaux imposés par le gouvernement Fernandez.

"Changer le lieu des paiements pour Buenos Aires va être extrêmement compliqué avec le contrôle des changes", a souligné Jorge Todesca, ancien vice-ministre de l'Economie et dirigeant dun cabinet de consultants Finsoport.

"L'Argentine ne sera jamais en état d'émettre de la dette souveraine à l'international si elle continue à esquiver un accord (...) : elle restera isolée financièrement du reste du monde tant que cela continue", a-t-il ajouté.

Cristina Fernandez a dit qu'elle soumettrait mardi un projet de loi au Parlement pour proposer aux créanciers réfractaires une restructuration dans les mêmes termes que celles qui ont été réalisées.

Marc Joanny pour le service français, édité par Véronique Tison

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • NORDGHAZ le mardi 27 aout 2013 à 14:04

    en france on comprend vite aussi en deposant des dossiers de surendettement des faillites personnelles, la conso basée sur vent. les contribuables renflouent et continueront de renflouer les banques via les impots et la bce... à quand le vrai bilan des banques sachant que la dette des états est en grande partie détenue par les banques...

  • M6437502 le mardi 27 aout 2013 à 11:15

    Pourquoi les créanciers devraient toujours faire cadeau des sommes prêtées?Quand on prend un engagement,on le respecte.

Partenaires Taux