L'Argentine prête à négocier avec tous ses créanciers

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L'ARGENTINE SE DIT PRÊTE À NÉGOCIER AVEC TOUS SES CRÉANCIERS
L'ARGENTINE SE DIT PRÊTE À NÉGOCIER AVEC TOUS SES CRÉANCIERS

par Hugh Bronstein

BUENOS AIRES (Reuters) - La présidente argentine Cristina Fernandez a déclaré vendredi que son gouvernement négocierait avec tous les créanciers du pays, ouvrant la voie à un éventuel règlement d'un conflit de longue haleine avec les détenteurs d'obligations souveraines argentines qui ont refusé de participer à deux restructurations.

"Nous voulons payer 100 pour cent de nos créanciers", a-t-elle dit dans un discours célébrant le jour du drapeau argentin.

Buenos Aires est engagé depuis 12 ans maintenant dans un bras de fer judiciaire avec des créanciers qui ont refusé de participer aux deux opérations de restructuration de sa dette qui ont suivi le défaut retentissant de 2002 sur quelque 100 milliards de dollars d'obligations d'Etat.

Cet imbroglio juridique a privé la troisième économie d'Amérique latine de tout accès aux marchés de capitaux, ce qui a contribué à sa stagnation, conjuguée à une inflation incontrôlable et une baisse des réserves de la banque centrale.

La Cour suprême américaine avait refusé lundi d'examiner l'appel de l'Argentine contre sa condamnation - décidée par le juge Thomas Griesa d'un tribunal de New York - à rembourser 1,33 milliard de dollars à des fonds spéculatifs ayant refusé la restructuration de sa dette.

L'Argentine avait menacé mercredi de faire défaut sur sa dette, le gouvernement ayant affirmé qu'il lui serait "impossible" d'honorer ses intérêts dus le 30 juin après une nouvelle décision défavorable de la justice américaine.

Jusqu'à vendredi, la présidente argentine refusait même d'envisager de négocier avec ces fonds spéculatifs, les traitant de "vautours" prêts à profiter de la faillite du pays.

Mais elle a complètement changé de ton sur le sujet.

"L'Argentine est disposée à dialoguer", a-t-elle dit.

"J'ai donné des instructions à notre ministère de l'Economie afin que nos avocats demandent au juge (Thomas Griesa) de créer les conditions permettant de trouver un accord bénéfique et égalitaire pour 100 pour cent des créanciers", a-t-elle dit.

En réaction à ces déclarations, les "spreads" (écarts de taux) de la dette argentine se sont resserrés de plus de 100 points de base à 715 par rapport aux obligations de référence du Trésor américain, selon un indice de la banque JP Morgan.

Cristina Fernandez a de bonnes raisons de vouloir régler le conflit afin de terminer son mandat sans être confrontée à un nouveau défaut de paiement de l'Argentine. Sur le plan constitutionnel, elle ne peut pas se présenter pour un nouveau mandat aux prochaines élections présidentielles d'octobre 2015.

(Jorge Otaola et Sarah Marsh à Buenos Aires, Daniel Bases à New York, Juliette Rouillon pour le service français)

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