L'Argentine fait une proposition sur sa dette aux fonds spéculatifs

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    BUENOS AIRES, 6 février (Reuters) - L'Argentine a soumis 
vendredi une proposition à ses créanciers visant à régler un 
contentieux vieux de plus de 10 ans, remontant aux 100 milliards 
de dollars (86 milliards d'euros) de dette souveraine sur 
lesquels le pays avait fait défaut en 2002, a annoncé le 
ministère des Finances. 
    Cette proposition, qui invite les créanciers à accepter une 
décote sur ce qui leur est dû, intervient après cinq jours de 
discussions à New York entre le ministre des Finances et des 
fonds spéculatifs américains emmenés par Elliot Management, qui 
réclament un total de 9,9 milliards de dollars   
    "Cette proposition implique une décote de 25%", ajoute le 
ministère dans un communiqué, précisant que l'offre de Buenos 
Aires induirait un paiement "d'environ 6,5 milliards de dollars 
si tous les détenteurs d'obligations l'acceptaient". 
    "C'est la première fois que l'Argentine fait une offre 
formelle (...) Cette proposition de restructuration préliminaire 
a déjà été acceptée par certains fonds", poursuit le ministère. 
    Dans un communiqué séparé, Daniel Pollack, le médiateur dans 
ce dossier, a salué "le courage et la souplesse" du nouveau 
président argentin Mauricio Macri, ajoutant que deux des six 
principaux fonds concernés avaient déjà accepté les termes de 
l'accord. 
    Mauricio Macri, premier chef d'Etat non péroniste à arriver 
au pouvoir à Buenos Aires depuis plus d'une décennie, avait dit 
début janvier qu'il souhaitait que le contentieux sur la dette 
soit réglé au plus vite. 
    Il a succédé le 10 décembre à Cristina Fernandez, qui ne 
voulait pas négocier un accord avec les fonds spéculatifs 
qu'elle qualifiait de "fonds vautour". 
    Ces derniers ont refusé de participer aux restructurations 
de la dette publique argentine, intervenues en 2005 et 2010. 
    La résolution du contentieux permettrait à l'Argentine de 
sortir d'une situation de défaut et d'avoir à nouveau accès aux 
marchés mondiaux des capitaux. 
    Si jamais l'Argentine trouve un accord avec ses créanciers, 
il devra être ratifié par le Congrès du pays, où aucun parti ne 
dispose de la majorité dans la chambre basse. 
 
 (Davide Scigliuzzo de Thomson Reuters IFR et le bureau de 
Buenos Aires, Benoît Van Overstraeten pour le service français, 
édité par Pierre Serisier) 
 
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