L'Argentine en catimini

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L'Argentine en catimini
L'Argentine en catimini

21 ans de disette. Orpheline de trophées depuis les années Maradona, l'Argentine rêve d'un Lionel Messi décisif pour mettre fin à cette anomalie. Une Albiceleste à la recherche d'un troisième trophée mondial après 1978 et 1986. Quoi de plus beau que de le réaliser sur les terres de son voisin mais surtout rival historique, le Brésil ? « Nous sommes là pour gagner, confirme Messi qui disputera sa troisième édition. Mais il faudra se méfier de l'Allemagne, du Brésil, de l'Espagne et de la France. » Des adversaires tous plus dangereux les uns que les autres. Cette année pourtant, on parle moins de l'Argentine comme d'un favori. Peut-être car la saison de Lionel Messi n'a pas été aussi idyllique que les précédentes. Le numéro 10 du FC Barcelone s'est fait voler la vedette par Cristiano Ronaldo lors de l'attribution du Ballon d'Or. Et n'a surtout pas remporté de trophée majeur cette saison. Mais il a quand même prouvé, en marquant dix fois en 14 matchs de qualifications, qu'il pouvait être décisif en équipe nationale. Ce qu'on lui reprochait souvent par le passé. Un passé de lourd héritage. La nostalgie de la période Diego Maradona ou encore Mario Kempes est toujours aussi présente en Argentine. Entre 1978 et 1990, l'Argentine a remporté deux titres de champion du monde et disputé une finale face à la RFA en 1990. Depuis, c'est le désert. Trois quarts de finale en 1998, 2006 et 2010 sont loin d'avoir contenté  l'opinion publique.

Une attaque de feu, une défense en question

Le talent est pourtant bien présent dans la formation dirigée par Alejandro Sabella. Mais un joueur ne peut pas tout faire à lui tout seul, le sélectionneur argentin en est conscient : « Même s'il est très fort, ou extraordinaire, il a constamment besoin du soutien de l'équipe, d'équilibre, de stabilité ». Messi est pourtant bien entouré. Sergio Agüero, Gonzalo Higuain, Angel Di Maria, Ezequiel Lavezzi ou encore Rodrigo Palacio, la ligne d'attaque de l'Albiceleste a de quoi faire frémir la plus solide des défenses. Finalement, c'est en défense où les inquiétudes sont les plus grandes. Le poste de gardien titulaire est occupé par Sergio Romero, ce même joueur qui a ciré le banc de l'AS Monaco toute la saison. En défense centrale, ce n'est guère plus rassurant. Federico Fernandez (Naples) et Ezequiel Garay (Benfica Lisbonne) forment une doublette qui n'a pas montré beaucoup d'assurance pendant les qualifications. Pablo Zabaleta (Manchester City) et Marcos Rojo (Sporting Lisbonne) apportent plus de garanties offensives que défensives. Bref, cette équipe argentine est faite de déséquilibres.

L'absence de Carlos Tevez

Alejandro Sabella sait qu'il manque un leader de défense dans cette équipe. « Ce qui nous manque c'est un patron, un joueur capable d'imposer son autorité, a-t-il confié récemment. Aujourd'hui, il n'y a pas un Daniel Passarella ou un Oscar Ruggeri, un aboyeur capable de remobiliser les troupes dans les moments difficiles. » Tout à fait le portrait d'un joueur comme Javier Mascherano qui devrait plutôt évoluer en milieu de terrain aux côtés de Fernando Gago. Si le sélectionneur argentin a fait des choix forts en se passant de Javier Pastore (PSG), Esteban Cambiasso (Inter Milan), Ever Banega (Newell's Old Boys/Valence) et surtout Carlos Tevez (Juventus Turin), il n'a pas totalement rassuré sur sa capacité à tenir ce vestiaire. Comme d'habitude, il sera jugé sur pièce. Une nouvelle contre-performance ne lui serait pas pardonnée. Après tout, même Diego Maradona a échoué dans cette tentative. Autant dire que la marge de man?uvre est étroite pour le sélectionneur argentin.

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