L'Argentine critique l'"impérialisme" du juge américain Griesa

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(Répétition mastic §1) BUENOS AIRES, 22 août (Reuters) - L'Argentine a accusé vendredi un juge américain d'avoir tenu des propos "impérialistes" à son encontre en qualifiant d'illégal le nouveau projet de loi de restructuration de sa dette publique. La troisième économie d'Amérique latine est en défaut depuis le mois dernier après la décision du juge Thomas Griesa d'empêcher le paiement d'intérêts à des détenteurs de dettes restructurées tant que des fonds ayant refusé cette restructuration n'auront pas été indemnisés. La présidente argentine, Cristina Fernandez, a dévoilé mardi un nouveau projet de restructuration de la dette qui vise entre autres à faire passer les obligations d'Etat sous le droit argentin. Le juge Griesa a estimé jeudi que ce texte violait des décisions de justice antérieures et qu'il était donc "illégal". Il n'a toutefois pas accédé à la demande des fonds réfractaires à la restructuration de retenir contre Buenos Aires les faits d'outrage à magistrat. Jorge Capitanich, chef du cabinet des ministres (l'équivalent du Premier ministre en Argentine), a déclaré que les mots employés par le magistrat étaient "malheureux, incorrects et même, dirais-je, impérialistes". Le gouvernement de Cristina Fernandez a auparavant reproché au juge Griesa de violer la souveraineté de l'Argentine et de prendre parti pour les fonds spéculatifs qui ont refusé la restructuration de la dette en 2002 et poursuivent Buenos Aires en justice, en réclamant d'être intégralement remboursés du montant initial des obligations concernées. Dans un communiqué publié jeudi soir, le ministère argentin de l'Economie a estimé que les propos du juge reflétaient "une ignorance totale du fonctionnement des institutions démocratiques". Pour nombre d'analystes, un compromis entre Buenos Aires et les fonds réfractaires semble désormais improbable avant le changement de gouvernement qui suivra l'élection présidentielle d'octobre 2015, à laquelle Cristina Fernandez ne pourra pas se présenter. Le peso argentin s'est déprécié de 5,2% sur les deux dernières séances, sa plus forte baisse depuis janvier, tombant à 14 pour un dollar sur le marché noir, jugé plus fiable ARSB= . "La fuite des capitaux semble s'accélérer", a écrit David Rees, économiste en charge des marchés émergents chez Capital Economics, dans une note. "Si les capitaux continuent de fuir l'économie, les autorités devront probablement dévaluer." (Jorge A. Otaola Richard Lough,; Marc Angrand pour le service français)

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