L'Arabie saoudite veut rompre son "addiction" au pétrole

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    * Présentation d'un plan de réformes à l'horizon 2030 
    * Jusqu'à 5% du capital d'Aramco seront mis en Bourse 
    * Le fonds souverain verra ses moyens plus que décuplés 
 
 (Actualisé avec précisions, citations, commentaires) 
    par Samia Nakhoul, William Maclean et Marwa Rashad 
    RYAD, 25 avril (Reuters) - L'Arabie saoudite a présenté 
lundi un ambitieux programme de réformes visant à mettre fin à 
l'"addiction" du royaume au pétrole et à transformer celui-ci en 
puissance financière mondiale.  
    Le vice-prince héritier Mohammed ben Salmane a expliqué que 
Ryad voulait plus que décupler les capitaux alloués à son fonds 
d'investissement souverain, pour les porter à 7.000 milliards de 
riyals (1.650 milliards d'euros) contre 600 milliards 
aujourd'hui. Pour ce faire, l'Etat prévoit notamment de vendre 
jusqu'à 5% du capital du géant pétrolier public Aramco. 
    Le plan qu'il a détaillé inclut aussi des réformes visant à 
faire évoluer les structures sociales de ce royaume 
ultra-conservateur, par exemple en favorisant le travail des 
femmes et en améliorant le statut des travailleurs étrangers. 
    "Nous avons développé une sorte d'addiction au pétrole en 
Arabie saoudite", a dit le prince Mohammed dans un entretien 
télévisé à la chaîne Al Arabiya, qui appartient à la famille 
régnante, ajoutant que Ryad devait rompre sa dépendance aux 
revenus de l'or noir.  
    Avant même la chute des cours du baril à partir de la 
mi-2014, économistes et analystes jugeaient les structures 
économique et budgétaire saoudiennes intenables à long terme. 
Mais la chute des revenus pétroliers depuis un peu moins de deux 
ans a exacerbé ces difficultés.  
    Le déficit budgétaire du royaume a ainsi atteint 367 
milliards de riyals l'an dernier, soit 15% du produit intérieur 
brut (PIB) et le budget 2016 prévoit un déficit de 326 
milliards. 
    Au centre du plan "Vision 2030" dévoilé lundi figure la 
restructuration du fonds souverain PIF (Public Investment Fund), 
appelé selon le prince Mohammed à devenir le noyau des 
investissements internationaux saoudiens, entre autres en levant 
des fonds par le biais de la vente d'actions Aramco.  
    "Nous avons restructuré le fonds. Nous avons intégré de 
nouveaux actifs dans le fonds, Aramco et d'autres actifs, et 
résolu les problèmes des actifs actuellement détenus par le 
fonds public d'investissement, à la fois en termes d'entreprises 
et de projets", a-t-il dit.  
     
    "VIVRE SANS PÉTROLE" D'ICI 2020 
    "Selon les données initiales, le fonds contrôlera plus de 
10% des capacités d'investissement globales."  
    Pour préparer sa privatisation partielle, Aramco sera 
réorganisé en holding du secteur énergétique et le prince a 
estimé que l'ensemble devrait être valorisé 2.000 milliards de 
dollars, ajoutant que jusqu'à 5% du capital seraient vendus dans 
le cadre d'une introduction en Bourse.  
    Aramco, fort des énormes réserves pétrolières du royaume, 
bénéficie d'une valorisation telle que même la mise sur le 
marché de 1% de son capital constituerait la plus importante 
introduction en Bourse jamais réalisée, a-t-il ajouté. 
    Il a précisé que plusieurs filiales d'Aramco devraient être 
introduites en Bourse, tout comme d'autres entreprises 
publiques, en soulignant que ces opérations permettraient 
d'améliorer la transparence des comptes de ces sociétés et de 
limiter la corruption.  
    Le prince Mohammed, agé de 31 ans, a bénéficié d'une 
ascension éclair au sein du pouvoir saoudien depuis que son père 
est monté sur le trône il y a 15 mois. Peu connu jusqu'alors, il 
est considéré aujourd'hui comme l'un des principaux promoteurs 
de la transition de l'Arabie saoudite vers l'après-pétrole.  
    Il a précisé lundi vouloir porter la part du secteur privé 
dans l'économie de 40% à 60%, ramener le taux de chômage de 11% 
à 7,6% et porter les revenus non-pétroliers à 1.000 milliards de 
riyals contre 163 milliards aujourd'hui, mais n'a pas précisé 
par quels moyens.  
    Le plan "Vision 2030" prévoit aussi de faire passer de 22% à 
30% la part des femmes exerçant une activité professionnelle, 
une proportion qui a déjà nettement augmenté ces cinq dernières 
années.  
    Il prévoit par ailleurs l'instauration d'ici cinq ans de 
"cartes vertes" permettant aux étrangers arabes et musulmans de 
vivre et de travailler durablement dans le pays.  
    La Bourse de Ryad a effacé ses pertes après ses annonces et 
gagnait 2,53%  .TASI  en clôture.  
    "Je pense que d'ici 2020, si le pétrole s'arrête nous 
pourrons survivre", a dit le prince Mohammed, expliquant que le 
plan était fondé sur l'hypothèse d'un baril à 30 dollars. "Nous 
en avons besoin, c'est un fait, mais je pense qu'en 2020 nous 
pourrons vivre sans pétrole." 
 
 (Bureaux de Ryad et Dubai, Juliette Rouillon pour le service 
français, édité par Marc Angrand) 
 
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  • bordo le lundi 25 avr 2016 à 17:21

    Et faire bosser les saoudiens ?! Il y a du boulot...