L'Arabie saoudite émet $17,5 milliards d'obligations, un record

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    * L'emprunt obligataire saoudien est le plus important d'un 
pays émergent 
    * La demande a atteint $67 milliards 
    * Ryad a profité de la faiblesse des taux d'intérêt 
    * L'emprunt rendu nécessaire par la baisse des revenus 
pétroliers 
 
 (Actualisé avec prix définitifs de l'émission, contexte) 
    par Davide Barbuscia et Sudip Roy 
    DUBAI/LONDRES, 19 octobre (Reuters) - L'Arabie saoudite a 
bouclé mercredi la plus importante émission d'obligations 
souveraines jamais réalisée par un pays émergent en empruntant 
17,5 milliards de dollars (15,9 milliards d'euros) après avoir 
suscité une demande près de quatre fois supérieure à l'offre. 
    L'ampleur de la demande, bien supérieure à celle anticipée 
par les observateurs, a profité de la faiblesse persistante des 
taux d'intérêt offerts aux investisseurs et de la frustration 
ressentie par certains fonds face à la rareté des actifs 
assurant des rendements appréciables. 
    Mais au-delà du contexte général, elle marque un succès réel 
pour le royaume, qui s'efforce de convaincre les investisseurs 
qu'il peut s'adapter à la baisse de ses revenus pétroliers et 
réduire à terme sa dépendance vis-à-vis de l'or noir. 
    Le cabinet londonien Capital Economics estime que l'émission 
obligataire de mercredi pourrait suffire à elle seule à couvrir 
un tiers du déficit budgétaire attendu l'an prochain et la 
quasi-totalité du déficit des comptes courants, ce qui devrait 
interrompre la fonte des réserves de change.  
    "Cela devrait apaiser les craintes récurrentes de 
dévaluation du riyal. L'emprunt obligataire va faire monter le  
ratio dette/produit intérieur brut de l'Etat mais comme il part 
de bas, ce n'est pas réellement préoccupant", explique Capital 
Economics. 
    L'Arabie saoudite a enregistré l'an dernier un déficit 
budgétaire record de 98 milliards de dollars, l'équivalent de 
15% du PIB. 
    Le montant de l'emprunt saoudien éclipse le record établi en 
avril par l'Argentine, qui avait levé 16,5 milliards de dollars 
lors de son retour sur les marchés internationaux après une 
longue période d'exclusion. Une personne proche de l'opération a 
déclaré que la demande avait atteint 67 milliards de dollars, un 
montant proche de celui suscité par l'Argentine (69 milliards). 
     
    DE BON AUGURE POUR LA FUTURE ENTRÉE EN BOURSE D'ARAMCO 
    Pour préparer le terrain, des responsables saoudiens  
avaient multiplié les réunions de présentation aux investisseurs 
ces derniers jours à Londres et aux Etats-Unis, mettant en avant 
des projets de réformes ambitieux qui prévoient une forte 
diminution des dépenses publiques et le développement des 
activités non-pétrolières. 
    Le succès de l'emprunt obligataire pourrait être de bon 
augure pour l'autre grand projet de Ryad: l'introduction en 
Bourse de la compagnie pétrolière d'Etat Saudi Aramco. Prévue 
pour l'instant en 2018, cette mise sur le marché devrait 
permettre au royaume de lever plusieurs dizaines de milliards de 
dollars.  
    Le succès de mercredi devrait aussi servir de référence pour 
de nouvelles émissions de dette, que ce soit par l'Etat ou par 
de grandes entreprises. 
    Les émissions émises mercredi l'ont été à des prix moins 
élevés qu'attendu par de nombreux investisseurs. La tranche de 
5,5 milliards de dollars à cinq ans a été lancée à 135 points de 
base (pdb) au-dessus des emprunts d'Etat américains, la tranche 
à dix ans, de 5,5 milliards également, à 165 points de base 
au-dessus des Treasuries et la tranche à 30 ans, de 6,5 
milliards, à 210 pdb au-dessus.  
    Des spécialistes ont dit avoir été particulièrement surpris 
par le bon accueil réservé à la tranche la plus longue malgré 
les incertitudes qui pèsent sur les revenus pétroliers saoudiens 
sur le long terme.  
    "Ils ont réussi à fixer des prix très serrés: 210 pdb, c'est 
25 points en dessous des indications initiales, ce qui est très 
important et montre clairement que la demande a été énorme sur 
le 30 ans", a dit un banquier.     
 
 (avec Claire Milhench à Londres; Marc Angrand pour le service 
français, édité par Véronique Tison) 
 
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