L'"après-Brexit" analysé au sommet de l'Otan de Varsovie

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    * Des effets sur l'Alliance et la défense européenne 
    * La France interpellée en tant que puissance militaire de 
l'UE 
 
    par Elizabeth Pineau 
    PARIS, 7 juillet (Reuters) - Les conséquences sur la défense 
européenne - et sur la France - du choix du Royaume-Uni de 
quitter l'UE s'inviteront au 27e sommet de l'Otan qui aura lieu 
vendredi et samedi à Varsovie.  
    Les dirigeants de l'Alliance atlantique consacreront 
l'essentiel de leurs débats à leurs relations avec la Russie, 
renouant avec le rôle que l'Alliance atlantique jouait au plus 
fort de la Guerre froide.   
    Mais le résultat du référendum sur le Brexit sera au menu du 
dîner de travail prévu jeudi soir.   
    "Il va de soi que la décision britannique ne remet en aucun 
cas en cause la posture du Royaume-Uni au sein de l'Alliance, 
comme un des pays majeurs, membre du conseil de sécurité", 
souligne un diplomate français. "On verra dans la durée les 
effets sur les équilibres Otan-UE de cette décision".  
    Si le départ britannique était acté, la France se 
retrouverait seule en tant que grande puissance militaire de 
l'Union européenne au sein de l'Alliance atlantique.  
    Dès l'annonce du "Brexit", François Hollande a confirmé le 
maintien de relations franco-britanniques "étroites en matière 
de défense, qui seront préservées". La force du lien entre les 
deux puissances nucléaires, membres permanents du Conseil de 
sécurité de l'Onu, avait déjà été réaffirmée lors du sommet 
bilatéral du 3 mars à Amiens.   
    Le Royaume-Uni n'a jamais adhéré à l'idée d'une défense 
commune, élevée par François Hollande au rang de priorités 
capables de provoquer un "sursaut" dans l'UE, même si Tony Blair 
a beaucoup fait pour développer les coopérations en la matière, 
mais au sein de l'Otan, lorsqu'il était Premier ministre. 
  
     
    UN MOTEUR ET UN FREIN 
    Une nouvelle ère s'ouvre donc, à l'heure où un pays doté 
d'une capacité opérationnelle similaire à celle de la France 
s'apprête à quitter le giron communautaire.  
    "On perdrait d'un côté cette capacité mais on sait également 
que le Royaume-Uni était un frein au développement de la 
capacité européenne de défense", résume un diplomate français. 
"On verra dans les mois et les années qui viennent, au gré des 
négociations, mais il est clair que d'un côté l'UE perd une 
partie de son moteur, et de l'autre une partie de son frein".  
    L'éloignement de l'UE pourrait aussi conduire le Royaume-Uni 
à se rapprocher des Etats-Unis, affectant encore les liens, 
toujours délicats, entre l'Alliance et la Russie.  
    L'Otan doit entériner à Varsovie un renfort à l'Est, avec le 
déploiement de quatre bataillons de mille hommes chacun au 
maximum en Pologne, en Lituanie, en Lettonie et en Estonie.    
    Au-delà de ces renforts, l'Alliance consolide sa défense 
antimissile, sujet dont il sera question à Varsovie.  
    "Les agissements récents de la Russie, certains incidents en 
mer Baltique, la résurgence de patrouilles à la limite de nos 
espaces aériens provoquent de l'inquiétude chez certains de nos 
partenaires", confirmait cette semaine le ministre français de 
la Défense, Jean-Yves Le Drian. "Face à cela, la France prône 
une attitude à la fois ferme et ouverte qui garantit notre 
soutien à nos alliés tout en maintenant les échanges avec Moscou 
dans les enceintes appropriées." 
    Dans un mouvement d'humeur rappelant la "Guerre froide", la 
Russie a récemment renforcé ses forces militaires à Kaliningrad, 
enclave russe bordée par la Pologne et la Lituanie.  
 
 (Avec Simon Carraud et Marine Pennetier, édité par Yves 
Clarisse) 
 
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