L'ANSM "assumera ses responsabilités" dans le dossier Mediator

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MISE EN EXAMEN DANS LE DOSSIER MEDIATOR, L'ANSM COMPTE ASSUMER SES RESPONSABILITÉS
MISE EN EXAMEN DANS LE DOSSIER MEDIATOR, L'ANSM COMPTE ASSUMER SES RESPONSABILITÉS

PARIS (Reuters) - Le directeur de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), mise en examen la semaine dernière dans le cadre de l'affaire du Mediator, a assuré mardi qu'il assumerait sa part de responsabilité dans le scandale sanitaire.

Le Mediator, un coupe-faim présenté comme antidiabétique et distribué par les laboratoires Servier, aurait fait de 500 à 2.000 morts entre 1976 et 2009. Les juges chargés du dossier reprochent à l'ANSM des fautes de négligence commises entre 1995 et 2009.

"Nous nous battrons pour défendre la vérité bien sûr et la justice mais dans l'affaire du Mediator nous nous battrons aussi contre une firme, Servier", a déclaré le professeur Dominique Maraninchi en marge d'une conférence de presse consacrée aux pilules contraceptives.

"Pour l'instant, les contentieux sont des contentieux avec les firmes. Nous, nous sommes du côté de la sécurité des patients", a-t-il poursuivi.

"Alors peut-être la justice jugera si l'Afssaps (ex-ANSM) s'est laissée embourber par Servier (...) Il faudra rendre hommage et justice aux victimes et j'assumerai cette responsabilité. Je l'assumerai, pas volontiers parce que c'est évidemment un drame, mais pour rendre justice aux victimes mais aussi aux salariés".

Pour le professeur Maraninchi, la mise en examen "est une opportunité tour renforcer notre détermination à tourner la page du scandale Mediator (...) Nous nous engageons à ce que ça ne se reproduise plus."

En février, deux anciens salariés de l'ANSM soupçonnés d'avoir perçu des rétributions des laboratoires Servier avaient été mis en examen dans l'enquête.

Le président-fondateur des laboratoires Servier ainsi que six entités juridiques de son groupe ont été mis en examen en décembre dernier pour "homicides et blessures involontaires" dans le cadre de cette affaire.

Jacques Servier, âgé de 91 ans, était déjà poursuivi depuis septembre 2011 pour "tromperie sur la qualité substantielle d'un produit, escroquerie et obtention indue d'autorisation", et ses sociétés pour les deux derniers chefs.

Le Mediator, retiré du marché en 2009, provoquait des valvulopathies, affections cardiaques mortelles, selon des expertises. Les laboratoires Servier sont soupçonnés d'avoir dissimulé la vraie nature du médicament.

Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse

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