L'ANSM accusée de brouiller le message sur la contraception

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L'ANSM ACCUSÉE DE BROUILLER LE MESSAGE SUR LA CONTRACEPTION
L'ANSM ACCUSÉE DE BROUILLER LE MESSAGE SUR LA CONTRACEPTION

PARIS (Reuters) - La succession de mises en garde de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) contre les risques accrus en France de certains types de contraceptifs brouille le message pour les patientes, estime jeudi le syndicat national des gynécologues obstétriciens (Syngof).

Dans une recommandation rendue publique mercredi, l'ANSM a mis en garde contre les risques accrus de thrombose veineuse chez les femmes utilisant le patch contraceptif Evra.

En octobre, l'agence a recommandé aux médecins de prescrire en "première intention" des pilules de première ou deuxième génération dont les risques accrus de thrombose sont moindres que ceux présentés par les pilules de 3e et 4e génération.

"Il faudrait des recommandations globales sur l'ensemble des contraceptifs existants et non des recommandations qui arrivent au compte-goutte", estime Elisabeth Paganelli, secrétaire générale du Syngof. "Ces recommandations partielles rendent le message illisible pour les patientes qui ne comprennent plus rien", dit-elle à Reuters.

La Haute autorité de santé doit remettre à la fin du mois de mars des recommandations sur les conditions dans lesquelles les différents modes de contraception peuvent être prescrits.

En agissant en ordre dispersé avant la remise de ce rapport, l'ANSM risque, juge Elisabeth Paganelli, d'encourager des patientes de changer de mode de contraception sans avoir toutes les données en mains.

"Il n'y a pas de solution homéopathique en matière de contraception, il n'y a pas de risque zéro", souligne-t-elle. "S'ils recherchent un type de contraceptif ne présentant aucun risque, il ne va rien y rester, si ce n'est le préservatif."

PRESCRIPTION EXCESSIVE

Une plainte déposée en décembre par une jeune femme victime d'un AVC imputé à une pilule de troisième génération a ouvert un débat en France sur les risques associés aux modes de contraception.

La prescription des pilules de dernière génération, accusées de provoquer des risques accrus de troubles emboliques veineux, est notamment jugée excessive au regard des risques sanitaires qu'elles présentent.

Selon une étude publiée en septembre dans la revue Population et sociétés de l'Institut national d'études démographiques (Ined), la pilule est la méthode de contraception la plus utilisée en France, avec une femme de 15-49 ans sur deux l'ayant utilisée en 2010.

Seules 4% des femmes ont adopté les nouvelles méthodes hormonales de contraception. Parmi elles, l'implant est la méthode la plus utilisée (2,6% des femmes de 15-49 ans), devant l'anneau vaginal (1,0%) et le patch contraceptif (0,4%).

S'agissant des autres méthodes de contraception, le recours au stérilet continue de diminuer légèrement tandis que l'utilisation du préservatif comme contraceptif progresse, selon l'Ined.

Quant aux recours aux autres méthodes, comme le retrait ou la méthode des températures, en baisse régulière depuis les années 1970, il s'est stabilisé depuis 2000 et concerne aujourd'hui 6,2 % des femmes.

Marine Pennetier, édité par Gilles Trequesser

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