L'annonce du référendum grec fait chuter les valeurs financières

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par Raoul Sachs

PARIS (Reuters) - Les valeurs financières accusent mardi les plus fortes baisses sur les Bourses européennes après que le Premier ministre grec a annoncé la tenue prochaine d'un referendum sur l'accord européen de règlement de la crise de la dette souveraine en zone euro.

Vers 10h30, les indices Stoxx des banques (-4,98%) et des assurances (-5,08%) accusent les plus fortes baisses sectorielles en Europe et plombent l'ensemble des Bourses européennes.

Vers 10h45, à Paris, Société générale (-10,52%), Crédit agricole (-8,51%), BNP Paribas (-8,34%) et Axa (-9,73%) accusent les plus fortes baisses du CAC 40. A Londres, Barclays perd 6,81%, à Francfort Commerzbank recule de 7,0%.

L'incompréhension, voire la consternation, prédominent dans la zone euro au lendemain de la décision du Premier ministre grec George Papandreou de soumettre à un referendum le nouveau plan européen de renflouement du pays conclu lors d'un sommet européen la semaine dernière et qui comprend une décote de 50% des créances sur la Grèce détenues par les banques européennes.

"C'est vraiment la décision grecque qui fait chuter les marchés et les banques", rapporte un trader.

Lionel Jardin, responsable de la vente institutionnelle chez Assya Capital, estime que le "le rally post-sommet semble définitivement terminé."

"Quand les investisseurs américains vont se réveiller, ils ne vont pas aimer ce qu'ils vont voir. Le référendum est une mauvaise idée qui tombe au mauvais moment. C'est une grosse déception car le marché espérait voir de l'unité au sein de la zone euro. L'annonce vient saper des semaines de travail qui avaient abouti à l'accord de la semaine dernière", ajoute-t-il.

"On voit des longs (acheteurs, ndlr) couper leurs positions sur les bancaires", rapporte-t-il.

Les stratégistes taux de Commerzbank soulignent dans une note que les récents sondages montrent que la majorité du peuple grec est contre les nouvelles mesures d'austérité qui accompagnent le nouveau plan d'aide à la Grèce.

"L'ensemble de l'accord est à nouveau remis en question et une restructuration sévère (de la dette grecque) ne semble plus si éloignée", écrivent-ils.

"La spéculation sur une issue négative du référendum et d'une éventuelle sortie de la Grèce de l'Union économique et monétaire semble devoir gagner du terrain", disent-ils.

Les analystes obligataires de la Société générale s'interrogent sur la question qui sera posée au peuple grec et relèvent que certains journaux pensent que le gouvernement finira pas demander au Grecs s'ils veulent rester ou non dan l'euro.

Un euro, qui, depuis l'annonce grecque, est en net recul autour de 1,3725 dollar contre 1,3856 lundi soir.

Raoul Sachs avec Blaise Robinson, édité par Catherine Monin

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